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02/09/2012 11:57 EDT | Actualisé 02/11/2012 05:12 EDT

Legault corrige le tir concernant le nombre de ses candidats qui ont fait faillite

ÉPIPHANIE, Qc - Le chef de la Coalition avenir Québec François Legault s'est retrouvé dans l'embarras, dimanche, concernant le nombre de candidats de son parti ayant déjà déclaré faillite.

En matinée, M. Legault avait minimisé des informations circulant sur Internet, à l'effet que 14 de ses prétendants au poste de député avaient un dossier au Bureau du surintendant des faillites.

Lors d'un point de presse à Bécancour, le chef caquiste avait admis que certains de ses candidats étaient dans cette situation, sans toutefois vouloir confirmer le chiffre de 14.

«C'est beaucoup moins que ça», avait-il assuré.

Mais une source anonyme a rapidement publié de nouveaux documents sur Internet à propos de 14 candidats caquistes, ce qui a forcé M. Legault à corriger le tir, durant une étape de sa caravane à L'Épiphanie, dans la circonscription de L'Assomption, où il souhaite se faire élire le 4 septembre.

«Je connaissais trois des candidats qui effectivement avaient fait des faillites d'entreprise, les autres ce sont des faillites personnelles, je n'étais pas au courant, a-t-il dit. Ce qui est important, par contre de dire, pour moi, c'est que ça ne rend pas moins honorable une personne surtout si elle a été réhabilitée.»

M. Legault, dont 49 pour cent des candidats sont issus du milieu des affaires, a expliqué que les informations relatives aux 11 personnes dont il ignorait la faillite ne lui avaient pas été transmises par la directrice générale de son parti, Brigitte Legault.

«Elle ne m'avait pas mis au courant, mais je suis d'accord avec cette décision d'accepter quand même des personnes qui ont été réhabilitées, qui ont pu avoir des problèmes de divorce qui ont créé une faillite personnelle», a-t-il dit.

En matinée, l'entourage de M. Legault avait cependant affirmé que le nombre de candidats auquel le chef caquiste faisait référence, sans vouloir le dévoiler, incluait à la fois les faillites d'entreprise et personnelles.

À L'Épiphanie, où sa caravane électorale s'est arrêtée pour faire du porte-à-porte dans deux résidences, M. Legault a confirmé qu'au total 14 de ses candidats ont fait faillite.

«On me dit qu'il y en a trois pour les entreprises et onze (faillites) personnelles», a-t-il dit.

M. Legault, qui veut imprimer à l'État une gestion semblable au monde des affaires, a vanté la nécessité de prendre des risques pour les entrepreneurs qui souhaitent avoir du rendement.

«Au Québec on a parfois peur de l'échec et ça nous empêche de prendre des risques, a-t-il dit. Je pense qu'au Québec, il faut réapprendre à prendre des risques, tout en se disant que ce qui est important, c'est la moyenne au bâton.»

Le chef de la CAQ a reconnu que la gestion des fonds publics commande plus de prudence que dans l'entreprise privée.

«Je pense que ça prend des risques calculés surtout quand on gère par exemple la Caisse de dépôt, mais si on ne prend pas de risques, on n'aura pas de rendement», a-t-il dit.

Sans pouvoir identifier la source des informations qui ont commencé à circuler samedi concernant les faillites de ses candidats, M. Legault a relevé que des péquistes les avaient largement rediffusées sur les réseaux sociaux.

Sur son compte Twitter, le chef caquiste a d'ailleurs accusé les péquistes de se livrer à du salissage.

«Après les faillites, que nous réserve le PQ comme salissage avant le vote?», a-t-il demandé.

En matinée, M. Legault avait plaidé pour la réhabilitation de ses candidats qui ont fait faillite en donnant l'exemple du commandant Robert Piché, qui a réussi il y a plus de dix ans un atterrissage d'urgence en pilotant un avion de ligne en panne de carburant.

M. Legault a rappelé que, malgré un «passé» criminel, M. Piché avait été embauché par le transporteur aérien Air Transat alors qu'il dirigeait cette entreprise, dont il est aussi le cofondateur.

«Il fait partie des dix ou vingt pour cent de pilotes qui auraient été capables de faire ce qu'il a fait, c'est un excellent pilote et il a sauvé des vies, donc tout le monde a le droit d'être réhabilité», a-t-il dit.

En 2001, aux prises avec une panne de carburant, M. Piché a réussi à faire planer son appareil, qui transportait 300 passagers, jusqu'à une piste d'atterrissage aux Açores.

Un rapport d'enquête a par la suite établi que l'équipage avait commis une erreur en tentant de contrer une fuite de carburant, ce qui avait provoqué une panne sèche.

La caravane de la CAQ a effectué son premier arrêt dans la circonscription de Nicolet-Bécancour, où le chef d'Option nationale Jean-Martin Aussant tente de se faire réélire.

En 2008, M. Aussant, alors sous la bannière du Parti québécois, avait arraché cette circonscription à l'Action démocratique du Québec, maintenant fusionnée à la CAQ.

M. Legault a poursuivi sa campagne à Trois-Rivières, par un bain de foule dans une foire gastronomique. Son parcours à croisé celui de la candidate péquiste dans la circonscription trifluvienne, Djemila Benhabib, qui a indiqué qu'elle passait par là de manière «fortuite».

Le chef caquiste a continué son chemin, apparemment sans la remarquer.

La caravane de la CAQ aurait dû croiser celle de la chef du Parti québécois Pauline Marois, en fin de journée dans un restaurant de Lavaltrie, dans la circonscription de Berthier.

Mais les troupes péquistes ont choisi de renoncer, prétextant que l'équipe de M. Legault avait fait une réservation avant eux.

Le rythme de la caravane de la CAQ s'est intensifié, dimanche, avec huit étapes au programme.