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02/09/2012 11:14 EDT | Actualisé 02/11/2012 05:12 EDT

Convention de Charlotte: Obama à la conquête des électeurs indécis

CHARLOTTE, États-Unis - Lorsque la convention du Parti démocrate s'ouvrira mardi soir à Charlotte (Caroline du Nord), les électeurs à qui le président sortant Barack Obama s'adressera ne seront pas dans la foule. Ce seront tous les électeurs indécis des Etats-clés dont le vote sera crucial le 6 novembre, alors que le duel avec le républicain Mitt Romney s'annonce serré à deux mois du scrutin.

Pour conjurer le sort, son équipe réutilise les ficelles technologiques de la campagne 2008, qui avait vu Obama être particulièrement innovant en s'adressant numériquement aux électeurs, via Internet, les réseaux sociaux et les téléphones portables. A Charlotte, non seulement la convention sera diffusée en ligne, avec traduction en espagnol, mais son site inclura les commentaires des citoyens et les participants pourront interagir électroniquement avec les internautes.

Sur le fond, le message de Barack Obama que leur adressera, c'est de leur demander de conserver un président qu'ils connaissent plutôt qu'un nouveau dirigeant aux idées du "siècle dernier".

Après avoir raillé les discours télévisés du GOP à Tampa en les qualifiant de "rediffusion", d'images qu'on "aurait pu voir sur une télévision en noir et blanc", M. Obama a profité de son passage samedi dans l'Iowa pour annoncer qu'il proposera, lors de son discours de jeudi soir, "une voie meilleure".

"Une voie sur laquelle l'économie va croître, plus d'emplois seront créés avec une classe moyenne renforcée", a-t-il dit, en ajoutant: "Et la bonne nouvelle, c'est que vous allez choisir quelle voie emprunter". A cette classe moyenne, Obama promet de revenir sur les baisses d'impôt pour les plus riches, de réduire la dette publique et de dépenser plus pour l'éducation, l'énergie et les infrastructures.

Des talents d'orateur et de persuasion lui seront bien nécessaires, alors que le taux de chômage est de 8,3%, que la croissance tarde à revenir alors que la récession menace. Selon un sondage Associated Press-GfK paru le 22 août, 60% des électeurs inscrits pensent que le pays va dans la mauvaise direction, contre 35% pensant le contraire.

A compter de mardi soir, un nombre important de personnalités va défiler sur la scène recouverte de moquette bleue de la Time Warner Cable Arena, qui peut accueillir jusqu'à 20.000 personnes. Il y aura bien sûr la First Lady, Michelle, dont la popularité est bien supérieure à celle de son mari, mais aussi le maire de San Antonio (Texas), Julian Castro. Ce dernier sera le premier Hispanique à prononcer le discours inaugural d'une convention démocrate. Deux profils qui viennent illustrer les efforts du Parti de l'âne pour consolider son assise auprès des électorats féminin et hispanophone.

L'ancien président Bill Clinton, considéré par beaucoup comme un appui efficace dans cette campagne, prendra la parole mercredi avec le rôle honorifique de celui qui investira officiellement Barack Obama.

La soirée de jeudi sera le clou de la convention, se déroulant non plus dans la salle omnisports, mais dans le stade de football de Charlotte, qui peut accueillir 74.000 personnes. Un sacré pari lorsque l'on sait qu'Obama n'a attiré au mieux qu'environ 14.000 personnes dans cette campagne, loin des affluences record de 2008.

Avant l'intervention de M. Obama, la soirée verra d'abord les discours du vice-président sortant Joe Biden et du sénateur du Massachusetts John Kerry, candidat malheureux à la présidentielle 2004. M. Kerry, dont on murmure qu'il pourrait être le prochain secrétaire d'Etat en cas de réélection d'Obama, devrait enfoncer le clou en matière de sécurité nationale.

L'ancien combattant au Vietnam ne devrait pas manquer de vanter la décision du président de lancer le raid contre Oussama ben Laden et de rapatrier les forces combattantes d'Afghanistan. Une façon d'illustrer en creux que les républicains n'ont quasiment pas parlé à Tampa des soldats engagés sur le théâtre des opérations extérieures.