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02/09/2012 08:12 EDT | Actualisé 02/11/2012 05:12 EDT

Attentat près des bâtiments de la Sécurité à Damas

Un attentat à la bombe a frappé dimanche un quartier du centre de Damas abritant des bâtiments des services de sécurité et le bureau du vice-président Farouk al-Chareh, selon la télévision d'Etat.

Après près de 18 mois de conflit, le nouveau médiateur international Lakhdar Brahimi a affirmé que le changement en Syrie était "inévitable", tout en se gardant d'appeler au départ du président Bachar al-Assad, décidé à écraser à tout prix la rébellion.

Deux bombes ont fait quatre blessés à Abou Remmaneh, un quartier résidentiel chic où se trouvent de nombreuses ambassades, à proximité de la place ultra-sécurisée des Omeyyades à Damas, a annoncé la télévision en parlant d'attentat "terroriste".

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), "deux bombes ont explosé près d'un immeuble rattaché à l'état-major de l'armée et des forces armés dans le centre de Damas", faisant des blessés.

Un groupe islamiste obscur, "la Brigade des petits-fils du Prophète", qui se présente comme proche de l'Armée syrienne libre (ALS, rébellion), a revendiqué l'attentat sur sa page Facebook, en affirmant qu'il s'agissait d'"une réponse aux massacres à Daraya et dans les autres villes".

Les attentats se sont multipliés ces derniers jours à Damas, où l'armée tente de nettoyer des poches de résistance des rebelles.

Samedi soir, 15 civils ont péri dans un attentat dans une banlieue populaire de Damas connue pour son hostilité au régime Assad, a rapporté la presse officielle. Le 28 août, une voiture piégée avait fait 12 morts en explosant lors de funérailles dans une banlieue de Damas favorable au régime.

Le régime impute généralement ce genre d'attentats à la rébellion, qu'il assimile à des "groupes terroristes".

Dans le reste du pays, les violences ont fait dimanche au moins 36 morts, en grande majorité des civils, selon un bilan provisoire de l'OSDH, qui avait recensé 168 morts, dont 110 civils, pour la journée de samedi.

A Mazzé, un autre quartier chic de la capitale, les troupes régulières ont attaqué la périphérie avec le soutien de bulldozers et ont "rasé et détruit trois commerces et cinq maisons", selon l'OSDH.

Les bastions rebelles dans plusieurs villes étaient sous le feu des chars et des hélicoptères de l'armée, les rebelles équipés d'armes légères ne parvenant pas, malgré la multiplication de leurs attaques, à contester aux forces du régime la maîtrise totale du ciel.

Les rebelles avaient marqué des points en prenant le bâtiment principal d'une base aérienne à Boukamal (est) à la frontière irakienne.

Après une attaque jeudi, ils ont affirmé tenir une partie de l'aéroport d'Abou el-Zouhour, l'un des deux principaux avec Taftanaz de la province d'Idleb (nord-ouest). Mais les hélicoptères décollant de Taftanaz survolent toujours la ville proche du même nom, vidée de la plupart de ses habitants, selon un journaliste de l'AFP.

A Alep, métropole du nord entrée dans une guerre d'usure après plus d'un mois de combats, plusieurs quartiers ont été bombardés dimanche.

Selon un militant se présentant sous le nom d'Oussama, "même les écoles ne sont pas épargnées par les destructions". "Il y a toujours des files d'attente devant les boulangeries" et "parfois, il y a une pénurie totale de farine. Les gens se sont habitués aux coupures d'électricité, mais le plus dur, c'est de se procurer des médicaments, du pain et du lait pour nourrissons".

Plus au sud, l'armée a détruit la dernière boulangerie qui vendait encore du pain dans la ville rebelle de Qousseir (centre), selon des militants.

A la frontière turque, les rebelles sont entrés dans la localité de Harem, a dit à l'AFP un commandant se faisant appeler Abou Saïd, précisant que des soldats étaient toujours réfugiés dans la citadelle de la ville.

"Les troupes savent parfaitement où se cachent les rebelles", affirme à l'AFP Rami Abdel Rahmane, président de l'OSDH. "Ils ont une liste d'objectifs, souvent des maisons. Ce ne sont pas bombardements sans discernement" et la présence de civils dans ces maisons "importe peu au régime".

Au lendemain de sa prise de fonctions officielle, M. Brahimi a affirmé que le changement en Syrie était "inévitable", soulignant toutefois qu'"il est trop tôt de dire qui devrait partir et qui devrait rester".

"M. Assad est le président du gouvernement actuel, Kofi (Annan, son prédécesseur) lui a parlé et je lui parlerai", a-t-il ajouté sur al-Jazeera.

La guerre en Syrie a fait plus de 26.000 morts selon l'OSDH et poussé à l'exode des centaines de milliers de personnes.

Miné par les divisions, le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition, a décidé dimanche de s'élargir à de nouveaux groupes et de se réformer en élisant ses dirigeants fin septembre.

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