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01/09/2012 04:48 EDT | Actualisé 01/11/2012 05:12 EDT

Mostra de Venise: une cinéaste présente le tout premier film saoudien

VENISE, Italie - La cinéaste Haifaa Al Mansour aura été la toute première personne à avoir jamais tourné un film en Arabie Saoudite et ce, malgré le fait qu'elle soit une femme.

Son film «Wadjda», qui a été présenté hors compétition cette semaine à la Mostra de Venise, relate la vie d'une fillette de 10 ans, qui rêve de posséder une bicyclette pour faire des courses avec son petit voisin. Mais il s'agit là d'un rêve légèrement trop excentrique dans une société musulmane profondément conservatrice, où les femmes sont victimes de ségrégation et les filles de l'âge de Wadjda doivent commencer à se voiler le visage en public.

Bien que soutenue par la famille royale saoudienne, Mme Al Mansour a tout de même été confrontée aux limites des habitudes culturelles de son pays. Les règles entourant les échanges entre hommes et femmes qui ne sont pas d'une même famille sont, entre autres, très sévères. Une telle pratique a notamment rendu difficile les discussions de la cinéaste avec ses acteurs, et ce plus particulièrement pour les scènes tournées en extérieur.

Mme Al Mansour a raconté, en point de presse samedi, qu'elle avait entre autres dû demeurer dans une roulotte pendant ces scènes et donner des coups de fil ou encore s'adresser au producteur pour donner ses directives.

Le film offre un rare aperçu de la vie quotidienne saoudienne, voire même une incursion encore jamais présentée au grand écran.

Mme Al Mansour a foulé vendredi le tapis rouge de Venise aux côtés de sa jeune actrice tenant la vedette de son film, Waad Mohammed, âgée de 12 ans. Aucun gala ou lancement n'a toutefois été prévu à Riyadh, capitale saoudienne, puisqu'il n'existe pas de cinéma au pays. Le film sera plutôt distribué en DVD et diffusé à la télévision saoudienne, a expliqué le coproducteur Fahad Al Sukait de Rotana Studios, la compagnie de production du prince saoudien Waleed Bin Talal.

Mme Al Mansour, qui a auparavant tourné trois courts métrages et un documentaire, a raconté que son travail avait fait d'elle une figure controversée en Arabie Saoudite, ajoutant avoir reçu des menaces de mort.