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01/09/2012 05:38 EDT | Actualisé 01/11/2012 05:12 EDT

Charest et Legault brandissent l'arme référendaire contre Marois

MONTRÉAL - Lorsqu'un chef de parti accuse un de ses adversaires de «ne pas aimer le Québec», on peut commencer à se dire qu'il est grand temps que cette campagne électorale se termine.

Et tandis que Pauline Marois tentait de rassurer l'électorat anglophone, ses principaux rivaux, Jean Charest et François Legault brandissaient de nouveau la carte du référendum pour tenter de faire peur au monde.

M. Legault s'est montré très virulent dans ses attaques contre Mme Marois. C'est lui qui a affirmé que Mme Marois n'aimait pas le Québec parce qu'elle ouvre la voie aux référendums d'initiatives populaires (RIP).

Le chef caquiste a dénigré l'idée d'un ministère de la Gouvernance démocratique qu'il a assimilé à un ministère des référendums. Selon lui, cela illustre que le Parti québécois et sa chef vivent dans «un monde imaginaire, un monde parallèle».

«Il faut vraiment être déconnecté pour penser que ce que les Québécois veulent, actuellement, c'est qu'on nomme une personne qui va être responsable de préparer un référendum d'initiative populaire dont personne ne veut», a-t-il dit.

M. Legault soutient qu'un référendum d'initiative populaire plongerait le Québec dans le chaos, en raison des divisions qu'il susciterait.

Frappant sur le même clou, Jean Charest a réitéré que l'arrivée au pouvoir d'un gouvernement Marois serait néfaste pour l'économie. «Mme Marois, ce sont des référendums et des référendums, c'est de l'instabilité politique qui se traduit en instabilité économique et c'est ça le sens du choix du 4 septembre», a dit le leader libéral en point de presse.

Comme depuis le début de la campagne électorale, M. Charest a refusé de préciser les risques qu'il évoque. Par exemple, il n'a pas voulu soulever l'hypothèse d'une décote de crédit ou d'une fuite de capitaux d'investisseurs inquiets.

Reste que selon lui, l'économie «va pâtir» si le Québec replonge dans les «chicanes» constitutionnelles avec Pauline Marois à la barre.

De son côté, la chef péquiste s'est voulu rassurante envers les anglophones. Répondant à un électeur qui lui reprochait les politiques linguistiques de son parti, elle a dit «qu'on on trouvera bien des façons de s'entendre».

«Je crois qu'il faut aider plutôt les commissions scolaires anglophones ou les services de formation professionnelle anglophones à mieux servir la communauté anglophone, et en ce sens-là, on ne les lâchera pas dans cette perspective.» Toutefois, elle est restée vague sur les moyens d'y parvenir.

Par ailleurs, celle qui a toujours dénigré le Conseil de la Fédération, un organe regroupant les provinces canadiennes qui compte parmi ses fondateurs, un certain Jean Charest, dit aujourd'hui que le Québec continuera d'y siéger. «Je vais être présente au Conseil de la fédération pour me différencier de ceux qui y siègent, pour dire pourquoi nous sommes différents et pourquoi nous voulons tous les pouvoirs pour le Québec», a-t-elle lancé.

Gentilly 2

François Legault et Jean Charest ont également dû répondre aux questions des journalistes au sujet de la centrale nucléaire Gentilly-2 en raison de la sortie prochaine d'un film-choc «Gentilly or Not to Be» qui soutient notamment que le taux de cancer et de leucémie à proximité de la centrale de Trois-Rivières dépasse de 27 pour cent la moyenne québécoise chez les moins de 20 ans.

M. Charest a réitéré au cours de la campagne l'engagement de son parti d'avaliser la réfection de Gentilly-2, si les rapports attendus concernant les coûts et les conséquences environnementales de la modernisation sont favorables.

M. Charest a affirmé que les suivis effectués par les autorités compétentes ne permettent pas de conclure que Gentilly-2 met la population à risque. «Il y a des suivis qui sont faits autour des centrales, que ce soit au Québec ou ailleurs et au moment où le gouvernement annonce sa décision (en faveur de la réfection de la centrale), il n'y a rien qui indique qu'il y a des problèmes de santé. Le reste, c'est de l'hypothèse, je ne sais pas, moi, ce qu'il y a dans ce film-là», a-t-il dit.

De son côté, M. Legault a voulu se montrer sceptique, affirmant que les personnes qu'il a consultées ne disaient pas la même chose que les auteurs du film. Mais refusant d'être dogmatique, il a ajouté qu'il attendrait les études avant de se prononcer sur la question.

«Existe-t-il un vrai risque pour la santé et la sécurité ? Si c'est le cas, il n'y aura pas de réfection. Si c'est possible de le faire, ce serait souhaitable parce qu'on a besoin de sources d'énergies additionnelles.»

Le Parti québécois, Québec solidaire et Option nationale ont déjà manifesté leurs intentions de démanteler la centrale.

Des médicaments

Québec solidaire a dévoilé sa nouvelle politique pharmaceutique qui permettra au Québec, assure-t-il, d'épargner 2,7 milliards $ par année.

La politique repose sur deux piliers : un régime d'assurances médicaments public universel et la création d'une société publique responsable de l'achat des médicaments.

L'objectif est de mettre un terme à «la spirale inflationniste» du marché des médicaments.

D'après les expériences vécues ailleurs, la facture des médicaments pourrait être réduite de 35 à 65 pour cent, a indiqué le coporte-parole de Québec solidaire, Amir Khadir.

Québec Solidaire veut aussi s'attaquer au problème de surconsommation en allégeant la liste des médicaments remboursables et en orchestrant des campagnes pour contrer le marketing des sociétés multinationales.