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Syrie: les rebelles accusent Damas de transférer des armes chimiques à la frontière

Syrie: Damas accusé de transférer des armes chimiques à la frontière
AFP

Les rebelles syriens ont accusé le régime du président Bachar al-Assad d'avoir transféré des armes chimiques vers des aéroports à la frontière, mardi 24 juillet au lendemain de la menace par Damas d'utiliser ces armes en cas "d'agression extérieure".

"Nous au sein du commandement conjoint de l'Armée syrienne libre (ASL) à l'intérieur, savons parfaitement l'endroit où se trouvent ces armes et leur positionnement", a indiqué l'ASL dans un communiqué mardi.

"Nous révélons qu'Assad a transféré certaines de ces armes et des équipements de mélange de composantes chimiques vers des aéroports à la frontière", poursuit le texte sans préciser quelle frontière.

"Selon nos informations, le régime a commencé depuis des mois à déplacer ses stocks d'armes de destruction massive (...) dans le but de faire pression sur la région et sur la communauté internationale" qui appellent sans cesse Damas à cesser la répression depuis 16 mois, indiquent encore les rebelles.

Des armes qui ne seront "jamais" utilisées contre le peuple syrien

Le régime syrien a reconnu lundi pour la première fois posséder des armes chimiques et menacé de les utiliser en cas d'intervention militaire occidentale mais jamais contre sa population, suscitant une mise en garde virulente des Etats-Unis. Sur le terrain, l'armée syrienne semblait avoir repris le contrôle de la plus grande partie de Damas après une semaine de violents combats inédits, les rebelles adoptant désormais une stratégie de harcèlement.

Reconnaissant pour la première fois posséder un arsenal chimique, le porte-parole des Affaires étrangères syriennes Jihad Makdessi a prévenu que ces armes non conventionnelles "stockées et sécurisées sous la supervision des forces armées (...) ne seront utilisées qu'en cas d'agression étrangère". Mais Jihad Makdessi a assuré, lors d'une conférence de presse à Damas, qu'elles ne "seront jamais, jamais, utilisées contre nos citoyens, quelle que soit l'évolution de la crise".

Par la suite, les Affaires étrangères ont publié une mise au point dans laquelle elles nuançaient les propos du porte-parole, soutenant que "ces armes, si elles existent, il est naturel qu'elles soient stockées et sécurisées".

Condamnations unanimes

Les condamnations internationales ne se sont pas fait attendre.

Le président américain Barack Obama a prévenu le régime Assad qu'il commettrait une "erreur tragique" et devrait rendre des comptes s'il utilisait ses armes chimiques. Pour le Pentagone, les Syriens "ne devraient même pas penser une seule seconde à faire usage d'armes chimiques". Berlin a qualifié cette menace de "monstrueuse" et Londres l'a jugée "inacceptable".

Le chef de l'ONU, Ban Ki-moon, a jugé qu'un recours aux armes chimiques par la Syrie serait "répréhensible". Israël a, quant à lui, prévenu qu'il ne pouvait pas "accepter" que des armes chimiques tombent aux mains du Hezbollah libanais, allié du régime syrien.

Mais pour le chef du Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition, Abdel Basset Sayda, "un régime qui massacre les enfants et viole les femmes peut aussi bien utiliser des armes chimiques". Il a appelé la communauté internationale à empêcher une telle éventualité.

Après une semaine de violents combats à Damas, des opposants de l'intérieur et les autorités, déterminées à en finir avec la révolte lancée en mars 2011, ont affirmé que l'armée avait repris le contrôle de la plus grande partie de Damas. "Malheureusement, l'armée du régime a repris le contrôle de la quasi-totalité de la capitale", a affirmé l'un des opposants, notant que des accrochages se poursuivaient dans le sud de Damas.

Les opérations de l'armée se résument désormais à des perquisitions "à la recherche de terroristes cachés", d'après une source de sécurité.

Bombardements d'Alep, obus sur le Golan

Les exactions se sont multipliées à Damas avec au moins 23 personnes, en majorité âgés de moins de 30 ans, "exécutées sommairement" par balles dimanche par les forces régulières, selon l'OSDH qui décrit des victimes à la tête écrasée par des véhicules ou les corps parfois transpercés par des baïonnettes.

Amnesty international a appelé les protagonistes à épargner les civils, alors que l'organisation War Child a accusé la communauté internationale d'avoir échoué à protéger les enfants, victimes directes du conflit.

À Alep, deuxième ville du pays dans le nord, les combats se poursuivaient, avec un "grand mouvement d'exode", selon l'OSDH. En soirée, un responsable du conseil militaire rebelle a affirmé que les insurgés avaient "libéré" plusieurs quartiers d'Alep. "C'est la première étape vers la libération de la ville", a affirmé le colonel Abdel Jabbar al-Oqaidi à l'AFP via Skype.

Il a toutefois souligné que de violents combats se poursuivaient à la périphérie de ces quartiers et que les chars et les hélicoptères du régime bombardaient et mitraillaient de l'extérieur.

Après le lancement des "batailles de libération" de Damas et d'Alep par la rébellion, le CNS a estimé que le régime "vacillait" mais "ne se rendra pas facilement".

Dans la région de Homs (centre), un hélicoptère a mitraillé en soirée la localité de Boueida, détruisant plusieurs maisons, selon un correspondant de l'AFP.

Enfin, un obus de mortier tiré lors des combats s'est abattu à 400 mètres de la frontière avec Israël, sur le plateau du Golan.

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