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23/07/2012 06:27 EDT | Actualisé 22/09/2012 05:12 EDT

Syrie: Israël durcit le ton sur les armes chimiques et le Golan

Israël a prévenu qu'il ferait tout pour empêcher un transfert d'armes chimiques, de missiles et de systèmes de défense anti-aérienne au Hezbollah libanais et mis en garde contre toute présence de soldats syriens dans la zone démilitarisée sur le Golan occupé.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'est ainsi dit plus inquiet par ce "qui pourrait arriver aux stocks d'armes chimiques, aux roquettes et missiles" qu'au sort du régime de Bachar al-Assad lors d'une interview à la chaîne de télévision américaine Fox.

"Peut-on imaginer que le Hezbollah dispose d'armes chimiques, c'est comme si Al-Qaïda avait des armes chimiques", a affirmé M. Netanyahu. "C'est une chose inacceptable pour nous, pour les Etats-Unis, et nous devrons agir pour l'empêcher s'il en est besoin" a prévenu M. Netanyahu.

Le ministre de la Défense Ehud Barak a pour sa part prévenu qu'"Israël ne pourrait accepter le transfert d'armes sophistiquées de Syrie au Liban".

"Nous surveillons attentivement la possibilité que le Hezbollah tente de profiter de l'occasion pour transférer des armes sophistiquées", a-t-il indiqué dimanche.

Officiellement en état de guerre avec Israël qui l'accuse de posséder le "plus important arsenal chimique du monde", la Syrie a reconnu lundi détenir des armes chimiques mais assuré qu'elle ne l'utiliserait qu'en cas d'"agression étrangère".

"Aucune arme chimique ou non conventionnelle ne sera utilisée contre nos propres citoyens (...), ces armes ne seront utilisées qu'en cas d'agression étrangère", a indiqué le porte-parole du ministère syrien des Affaires étrangères.

Israël et le Hezbollah, allié de longue date de Damas contrôlant une grande partie du sud du Liban, s'étaient livré une guerre dévastatrice et meurtrière à l'été 2006.

Le professeur Eyal Zisser, spécialiste de la Syrie à l'université de Tel-Aviv, lit dans les les déclarations de M. Netanyahu "une très grande nervosité, qui n'est pas forcément justifiée".

"Il est encore trop tôt pour enterrer le régime de Bachar al-Assad qui tient encore les grandes villes", a-t-il dit à l'AFP, ajoutant ne pas croire que Bachar al-Assad sur le point d'être renversé transférerait des armes chimiques au Hezbollah. "Dans cette situation désespérée sa seule préoccupation sera de fuir", prévoit-il.

Shlomo Brom, chercheur à l'Institut d'études pour la sécurité nationale, déplore que M. Netanyahu "réagisse de façon émotionnelle et hystérique à propos des armes chimiques".

"Il s'agit d'une arme difficile à manipuler. Il faut par exemple des avions dont le Hezbollah ne dispose pas pour lancer des bombes chimiques. Barak, qui comprend mieux les choses, met d'ailleurs l'accent sur les armes conventionnelles sophistiquées", ajoute ce chercheur.

Autre motif de tension, le plateau du Golan, dont une partie est occupée par Israël depuis 1967. Israël a déposé plainte à l'ONU après que, la semaine dernière, "des soldats syriens eurent franchi la zone de séparation mise en place par l'accord signé en 1974 sur la séparation des forces d'Israël et de la Syrie".

"Cette initiative constitue un message très clair que nous adressons par l'intermédiaire de l'ONU à ceux qui contrôlent encore la Syrie", a déclaré dimanche un porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères.

La zone démilitarisée sur le plateau du Golan, d'une largeur de 3 à 6 km, est sous la responsabilité de la Force des Nations unies chargée d'observer le désengagement sur le plateau du Golan (Fnuod), qui comprend un millier de Casques bleus.

Selon le quotidien israélien Haaretz, quelque 500 soldats et 50 véhicules syriens ont franchi la zone démilitarisée.

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