NOUVELLES
23/07/2012 06:10 EDT | Actualisé 22/09/2012 05:12 EDT

La Syrie n'utilisera ses armes chimiques qu'en cas d'agression étrangère

Le régime syrien n'utilisera son arsenal d'armes chimiques qu'en cas d'"agression" des Occidentaux, a mis en garde lundi le ministère des Affaires étrangères tout en rejetant la proposition de la Ligue arabe de ménager un départ "sûr" du pouvoir de Bachar al-Assad.

"Aucune arme chimique ou non conventionnelle ne sera utilisée contre nos propres citoyens (...), ces armes ne seront utilisées qu'en cas d'agression étrangère", a dit le porte-parole du ministère, Jihad Makdessi, reconnaissant pour la première fois publiquement la détention par la Syrie d'armes chimiques.

"Elles ne seront jamais, jamais, utilisées contre nos citoyens, quelque soit l'évolution de la crise", a-t-il ajouté dans une conférence de presse à Damas, au moment où la Syrie est en proie à un conflit armé sanglant déclenché il y a 16 mois par une révolte populaire qui s'est militarisée face à la répression.

"Ces différentes armes sont stockées et sécurisées sous la supervision des forces armées et ne seront utilisées que dans le cas où la Syrie fait face à une agression extérieure", a répété le porte-parole, soulignant que les "généraux décideront quand et comment ces armes seront utilisées".

Dans une mise au point, quelques heures plus tard, le ministère des Affaires étrangères a nuancé dans un communiqué les propos de son porte-parole sur l'existence d'armes chimiques.

"Le ministère souhaite réaffirmer la position de la Syrie selon laquelle les armes chimiques ou bactériologiques n'ont pas été utilisées et ne le seront jamais lors de la crise (...) et que ces armes, si elles existent, il est naturel qu'elles soient stockées et sécurisées", selon ce communiqué.

M. Makdessi a par ailleurs accusé les Occidentaux d'organiser une "campagne visant à justifier une intervention militaire en mentant sur l'(éventuel) usage d'armes de destruction massive" contre la population.

Il a mis en garde contre "la possibilité que des parties étrangères arment les groupes terroristes (...) avec des bombes bactériologiques qui exploseraient dans un village pour que les forces syriennes soient accusées par la suite".

Dimanche, la Maison Blanche a mis en garde le régime de Damas sur son arsenal d'armes chimiques, estimant qu'il devrait rendre des comptes s'il n'en assurait pas la sécurité.

Israël a également exprimé son inquiétude et prévenu qu'il ne pouvait pas "accepter" que des armes chimiques tombent aux mains du parti chiite libanais Hezbollah, un allié du régime Assad.

Le porte-parole syrien a par ailleurs rejeté la proposition faite dimanche par un comité ministériel arabe à Doha, qui a appelé M. Assad à "renoncer au pouvoir" et l'a assuré que "la Ligue arabe contribuera à lui assurer et à sa famille une sortie sûre".

"Nous sommes désolés que la Ligue arabe se soit abaissée à ce niveau immoral envers un pays membre de cette institution. Cette décision revient au peuple syrien qui est le seul maître de son sort", a-t-il dit.

"Si ces pays arabes réunis à Doha étaient sincères et soucieux d'arrêter le bain de sang, il aurait fallu qu'ils arrêtent d'armer (les rebelles) de manière ostentatoire (...) et cessent leurs campagnes d'incitation", selon lui.

Concernant les frontières du pays, disputés entre l'armée régulière et les groupes rebelles qui contrôlent un poste-frontière vital avec l'Irak et trois avec la Turquie, il a affirmé que l'armée en récupérerait bientôt le contrôle.

"Deux poste-frontières sont actuellement hors du contrôle des (autorités). Mais ils sont inusités depuis juin, et il est facile d'envoyer quelques hommes armés pour s'en emparer", a souligné M. Makdessi, en assurant que les rebelles "seront partis dans quelques jours".

bur-rm/ram/tp