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23/07/2012 04:01 EDT | Actualisé 21/09/2012 05:12 EDT

Batailles pour le contrôle de Damas et Alep, les pays arabes demandent à Assad de partir

Les batailles pour le contrôle de Damas et d'Alep, la capitale économique du pays, faisaient rage lundi entre unités de l'armée syrienne et groupes rebelles au lendemain d'une proposition des pays arabes de ménager une sortie "sûre" au président Bachar al-Assad en cas de départ du pouvoir.

Les Européens ont pour leur part décidé de renforcer leurs sanctions, notamment sur le contrôle de l'embargo sur les armes, afin d'augmenter la pression sur Damas alors que la communauté internationale, divisée entre Occidentaux d'un côté, Russes et Chinois de l'autre, échoue à se mettre d'accord sur une résolution au Conseil de sécurité de l'ONU ouvrant la voie à une intervention.

Au total, les violences ont fait 123 morts dimanche, 67 civils, 34 soldats et 22 rebelles, selon un dernier bilan de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Après l'appel à la mobilisation générale la semaine dernière pour la "libération" de Damas et dimanche pour la bataille d'Alep, le Conseil national syrien, principal instance de l'opposition syrienne, a demandé aux rebelles de redoubler d'efforts.

"Le régime vacille" mais "ne se rendra pas"

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Le régime "vacille" mais "ne se rendra pas facilement", a ainsi estimé le porte-parole du CNS, George Sabra, dans un communiqué.

"Ce qui se passe à Damas et Alep et d'autres villes syriennes depuis plusieurs jours constitue une étape cruciale pour établir une nouvelle phase de l'histoire de notre pays, et de la région aussi", a ajouté l'opposant de longue date au régime d'Assad.

Sur le terrain lundi matin, une colonne de fumée noire s'élevait au-dessus de Mazzé, un quartier huppé de l'ouest de la capitale où des affrontements ont duré une partie de la nuit, selon un journaliste de l'AFP.

Au petit matin, la circulation était fluide dans le centre de Damas et les rues étaient désertes.

L'agence officielle Sana a annoncé que l'armée a rétabli la sécurité dans les vergers de Razi, dans le quartier de Mazzé, en la purifiant des groupes "terroristes" armés.

Les forces armées ont effectué une "opération qualitative", "encerclant et tuant de nombreux terroristes". Elles en ont arrêté d'autres dans les canalisations d'égoûts où ils s'étaient cachés, selon Sana.

Parallèlement, l'armée syrienne a déployé de nouvelles troupes dans des quartiers de Damas. Selon les comités locaux de coordination (LCC), qui organisent la contestation, des renforts militaires sont ainsi arrivés dans le quartier de Midane, repris vendredi aux rebelles.

"Ils sont entrés dans le quartier de Nahr Aicha, et vont vers Al-Zahira", proches de Midane, selon des militants.

Selon Rami Abdel Rahmane, président de l'OSDH, les soldats "contrôlent les grandes artères des quartiers où ils sont entrés, mais il y a encore des affrontements dans les ruelles".

"Des dizaines de corps jonchaient les rues dans des quartiers de Damas"

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Selon l'OSDH, des dizaines de corps jonchaient encore les rues de certains quartiers de Damas, les rebelles ne pouvant les récupérer en raison de la présence de l'armée.

Au lendemain de l'appel de l'ASL, composée de déserteurs et de civils armés, à "libérer" d'Alep, des combats intenses se déroulaient notamment dans les quartiers de Sahour (est) et Hanano City (est).

Ce nouveau front s'était ouvert vendredi dans cette ville, capitale économique de la Syrie. L'ASL a ainsi pris le contrôle du quartier de Salaheddine, dans l'ouest de la ville.

Homs, ville symbole de la contestation, et Rastane, dans la même province, sont lundi matin la cible de bombardements, notamment par des hélicoptères, selon des militants.

Dimanche soir, les pays de la Ligue arabe ont pressé Bachar al-Assad de renoncer rapidement au pouvoir pour s'offrir une sortie "sûre" du pays et appelé "l'opposition et l'ASL (...) à former un gouvernement d'unité nationale".

La situation aux frontières de la Syrie, dont les points d'entrée sont disputés entre l'armée et les groupes rebelles, suscitait également l'inquiétude dans les pays voisins, à l'instar d'Israël - qui craint que des armes chimiques syriennes tombent aux mains du parti chiite Hezbollah -, ou de la Jordanie qui veut empêcher "toute sorte d'infiltrations" sur son territoire.

La présidence américaine a elle mis en garde Damas sur son arsenal d'armes chimiques, estimant que les membres du régime devraient rendre des comptes s'ils n'en assuraient pas la sécurité.

La Turquie, qui accueille des dizaines de milliers de réfugiés, a renforcé son dispositif le long de la frontière en déployant des batteries de missiles sol-air à Mardin (sud-est).

Les rebelles contrôlent un poste-frontière vital avec l'Irak, et trois avec la Turquie.

bur-kat/sk/hj