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22/07/2012 11:36 EDT | Actualisé 21/09/2012 05:12 EDT

Tour de France - Wiggins, héros du jeune cyclisme britannique

En remportant le Tour de France, Bradley Wiggins a porté à son sommet le cyclisme sur route britannique, longtemps cantonné dans l'anonymat de quelques individualités avant de connaître un essor très récent.

"C'est fantastique. On n'en aurait jamais rêvé à mes débuts. C'est quelque chose que j'attendais depuis tellement longtemps", exulte Brian Robinson, premier Britannique à avoir terminé le Tour de France, en 1955, et venu dimanche sur les Champs-Elysées assister au sacre de son compatriote.

Avant Robinson, il y avait eu Bill Burl et Charles Holland, les tout premiers à prendre le départ de la Grande Boucle en 1937, mais sans la finir.

L'histoire du cyclisme britannique et du Tour de France débute véritablement dans les années 1950.

En 1953, plus de 55 ans avant le projet Sky, les Britanniques voulaient déjà briller sur le Tour. Cette année-là, le fabricant de cycles Hercules crée une équipe dans ce but.

Robinson en est le membre le plus célèbre. Il sera le premier à remporter une étape sur le Tour en 1958 après le déclassement d'un adversaire, avant d'en empocher une autre l'année suivante au terme d'une longue échappée.

Mais la figure emblématique du cyclisme outre-Manche reste Tom Simpson. Si sa mort sur les pentes du Mont-Ventoux le 13 juillet 1967 a contribué à sa légende, il est aussi le premier sujet de sa Majesté à avoir porté le maillot jaune.

En 1965, il hisse haut les couleurs de son pays en devenant champion du monde. Exception faite de son maillot jaune, il n'a jamais brillé sur le Tour et s'est construit un palmarès essentiellement dans les "classiques".

Comme Simpson, les coureurs britanniques ont tous dû franchir la Manche pour exprimer leur talent.

"La course sur les routes publiques a longtemps été interdite en Angleterre, il fallait courir sur des circuits privés ou sur la piste. Les contre-la-montre se tenaient tôt le matin et les coureurs s'habillaient en noir pour ne pas qu'on les identifie", explique le journaliste indépendant et écrivain Richard Moore.

"Quand le Tour est venu pour la première fois en Angleterre en 1974, les coureurs ont fait des allers-retours sur une autoroute. C'était très ennuyeux. A tel point que le lendemain, un journal a titré +Can 50 million Frenchmen be wrong ? (Est-ce que 50 millions de Français peuvent se tromper ?). Ils ne comprenaient pas l'intérêt. Il y avait un vrai fossé culturel avec le continent", raconte-t-il.

"Uncle Barry" Hoban, vainqueur de 8 étapes entre 1967 et 1975, Robert Millar, 4e et meilleur grimpeur du Tour 1984, Paul Sherwen, Graham Jones, Sean Yates, Chris Boardman, David Millar, ont tous dû chercher asile dans les équipes françaises.

En 1997, le sport britannique obtient le financement de la Loterie nationale. Le cyclisme sur piste est le grand bénéficiaire et les résultats ne tardent pas à arriver, avec notamment un certain Bradley Wiggins.

Dave Brailsford, membre de l'encadrement de la sélection sur piste et ancien coureur sur route, décide de créer fin 2004 une "académie de cyclisme sur route". Les premiers élèves à en sortir s'appelleront Mark Cavendish, Geraint Thomas, Ben Swift...

Avec notamment ses 21 victoires d'étape et son titre de champion du monde 2011, Cavendish est aujourd'hui une star dans son pays.

"Pendant longtemps, le cyclisme était totalement +underground+, explique Richard Moore. Apprécier le cyclisme, c'était comme aimer un obscur groupe de musique. Aujourd'hui, c'est devenu cool et respectable mais avant c'était regardé bizarrement".

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