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22/07/2012 04:15 EDT | Actualisé 20/09/2012 05:12 EDT

Syrie: les insurgés annoncent le lancement d'une opération pour "libérer" Alep

BEYROUTH - Le commandant de l'insurrection dans la province d'Alep (nord) a annoncé dimanche le lancement d'une opération pour "libérer" la ville des forces gouvernementales.

La déclaration du colonel Abdul-Jabbar Mohammed Aqidi a été mise en ligne sur Internet par des militants de l'opposition. Elle intervient alors que de violents combats se déroulaient dimanche pour la troisième journée consécutive dans plusieurs quartiers d'Alep entre forces gouvernementales et insurgés de l'Armée syrienne libre, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) et un militant sur place, Mohammed Saïd.

"Nous avons ordonné de marcher sur Alep en vue de la libérer", affirme le colonel Aqidi dans la vidéo diffusée sur YouTube. "Nous exhortons les habitants d'Alep à rester chez eux jusqu'à ce que la ville soit libérée", a-t-il ajouté, précisant que des insurgés combattaient dans Alep tandis que d'autres progressaient à partir de la périphérie.

Les insurgés, selon Mohammed Saïd, tiennent le quartier Saladin dans le centre d'Alep et le secteur voisin de Sakhour. Des milliers d'habitants, a-t-il ajouté, ont fui les violents combats, qui ont lieu notamment sur la route de Nairab, l'aéroport international de la ville. L'insurrection, précise-t-il, tente d'encercler l'aéroport pour empêcher le régime d'acheminer des renforts. La télévision officielle a affirmé de son côté que les forces gouvernementales traquaient les "terroristes", tuant nombre d'entre eux.

Restée largement fidèle au président Bachar el-Assad, Alep était jusque-là relativement épargnée par le conflit. Les insurgés tentent de profiter d'une semaine de combats dans la capitale Damas, marquée par un attentat à la bombe qui a touché au coeur le régime alaouite, tuant quatre de ses hauts responsables, dont le ministre de la Défense, l'ancien général Daoud Rajha.

L'insurrection a également annoncé contrôler trois postes-frontières la Turquie et un avec l'Irak. L'armée syrienne, de son côté, a repris dimanche le contrôle du poste-frontière avec la ville irakienne de Rabiya, dont l'insurrection s'était emparé la veille, selon des responsables de la sécurité irakienne et la télévision d'Etat irakienne.

Les combats dans le quartier Saladin sont les premiers à toucher le centre d'Alep depuis le début du mouvement de contestation contre le régime du fils de Hafez el-Assad, en mars 2011. Plate-forme commerciale, Alep, le plus important foyer de population du pays, n'avait pas connu encore les violences meurtrières régulières qui ont accablé d'autres villes du pays. A Damas, les forces du régime ont lancé des attaques dans les quartiers de Mazzeh et Barzeh, selon l'OSDH.

Damas et Alep sont deux bastions des élites qui ont bénéficié de liens étroits avec le pouvoir et abritent aussi des classes commerçantes et des minorités qui craignent un changement de régime. Mais depuis des mois, les insurgés ont gagné du terrain dans les villes et villages plus pauvres de la campagne autour d'Alep, se rapprochant de la frontière turque.

D'après un nouveau bilan de l'OSDH publié dimanche, plus de 19000 personnes, en majorité des civils, ont été tuées en Syrie depuis le début du soulèvement en mars 2011.

L'OSDH, basé à Londres, dispose d'un réseau de militants sur le terrain en Syrie, qui établissent les bilans et recensent les exactions à travers des témoignages, enquêtes sur place, films vidéos. On compte 2752 morts, dont 1933 civils, 738 soldats et 81 rebelles pour les trois premières semaines de juillet, d'après l'OSDH. Ces chiffres ne peuvent pas être vérifiés de source indépendante, en raison des restrictions de déplacement imposées par les autorités syriennes aux journalistes.