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22/07/2012 04:13 EDT | Actualisé 20/09/2012 05:12 EDT

Rafle du vel d'hiv: "ce crime a été commis en France par la France" (Hollande)

Le président français François Hollande a affirmé dimanche que l'arrestation de milliers de Juifs lors de la rafle du Vel d'hiv, les 16 et 17 juillet 1942 à Paris et sa banlieue, était un "crime commis en France par la France".

"Ce crime a été commis en France par la France", écrit le chef de l'Etat, en introduction d'un livret publié par la présidence à l'occasion de la commémoration dimanche matin de cette rafle sur les lieux du Vélodrome d'hiver, dans le XVème arrondissement de Paris.

Dans son discours, François Hollande a réaffirmé la responsabilité entière de la France en soulignant que "la vérité est dure, cruelle". "Pas un seul soldat allemand ne fut mobilisé" pour ces arrestations menées par des policiers et gendarmes français, a-t-il rappelé.

13.152 Juifs furent arrêtés ces jours-là, la plupart d'entre eux parqués dans le Vélodrome d'hiver (démoli en 1959), avant d'être envoyés vers les camps de la mort nazis.

L'actuel chef de l'Etat se démarque ainsi de son ancien mentor, l'ex-président François Mitterrand qui considérait que la France ne pouvait être mise en cause dans la déportation des Juifs puisque, selon lui, il n'y avait eu, durant l'occupation allemande, qu'une seule France légitime, celle de la France libre.

Le socialiste Mitterrand, à la tête du pays de 1981 à 1995, restait en cela fidèle à ce que pensait le Général De Gaulle.

Il faudra attendre 1995 et l'élection de Jacques Chirac, pourtant gaulliste convaincu, pour qu'un président reconnaisse la responsabilité de la France.

"La reconnaissance de cette faute a été énoncée pour la première fois, avec lucidité et courage, par le président Jacques Chirac", a souligné M. Hollande.

75.500 Juifs ont été déportés vers les camps de la mort nazis sur les 320.000 qui vivaient en France au début de l'Occupation (environ 2.500 ont survécu).

Evoquant "la singularité de la Shoah", M. Hollande a assuré qu'il n'y aurait "pas un établissement scolaire où ne puisse être enseignée" la Shoah. Il n'y aura "pas de mémoire perdue", il faut "lutter sans relâche contre toute forme de falsification", a-t-il ajouté.

Le chef de l'Etat a également prévenu que la République pourchasserait "avec la plus grande détermination" l'antisémitisme, qui n'est "pas une opinion mais une abjection".

Présent à la cérémonie, Richard Prasquier, président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), s'est félicité que M. Hollande se soit inscrit, dans son discours, "dans la lignée" de M. Chirac et a jugé "très importantes" ses déclarations contre l'antisémitisme.

De son côté, Serge Klarsfeld, président de l'association des Fils et filles des déportés juifs de France, a rappelé que "si 11.000 enfants juifs avaient été déportés, 60.000 enfants furent sauvés par la population française, qui, dans son ensemble, mérite d'être qualifiée de juste".

Mais "la haine antijuive tue à nouveau des Juifs, des enfants juifs", a dit M. Klarsfled, faisant allusion à l'assassinat de trois enfants juifs et d'un rabbin en mars dernier à Toulouse (sud-ouest) par Mohamed Merah, également assassin de trois militaires.

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