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22/07/2012 05:19 EDT | Actualisé 21/09/2012 05:12 EDT

Barack Obama tente de réconforter les proches des victimes à Aurora

AURORA, États-Unis - Entouré de gens plongés dans le désespoir, le président des États-Unis, Barack Obama, a offert des étreintes, des larmes et la sympathie de toute une nation aux survivants de la tuerie survenue à Aurora et aux familles qui ont perdu des êtres chers. Il a trouvé espoir dans le profond chagrin, assurant qu'un jour meilleur viendra.

Avec un souci remarquable des détails, M. Obama a livré un aperçu de l'horrible scène qui s'est déroulée dans une salle de cinéma de la banlieue de Denver, tôt vendredi, relatant un événement qui, a-t-il dit, démontre tout le courage de jeunes Américains.

Appuyant sur son cou à l'aide de deux doigts, le président américain a raconté comment une femme a sauvé la vie d'une amie atteinte de balles en mettant de la pression sur une veine qui avait «commencé à éclabousser du sang», avant de l'emmener dans un endroit sûr, quelques instants plus tard.

Derrière des portes closes, M. Obama a rendu visite à chacune des familles éplorées et endeuillées, réunies dans un hôpital, et aux patients qui se rétablissent de leurs blessures aux soins intensifs.

Il est sorti de ces visites, s'est présenté devant des caméras de télé et a mis l'accent sur la vie et les rêves des victimes et des survivants, plutôt que sur le suspect et son «geste diabolique».

Aux journalistes, M. Obama a expliqué s'être présenté aux victimes non pas à titre de président des États-Unis, mais en tant que père et époux.

«Si des événements comme celui-là ont un tel impact sur nous, c'est parce que nous comprenons ce que ça signifierait de perdre quelqu'un que nous aimons de pareille façon.»

Le Air Force One du président américain s'est posé en fin d'après-midi dimanche à la base militaire de Buckley, à Aurora. M. Obama devait y demeurer un peu plus de deux heures.

Peu de temps après l'atterrissage, M. Obama, accompagné du gouverneur de l'État du Colorado, John Hickenloooper, et du maire d'Aurora, Steve Hogan, a amorcé ses rencontres au Centre hospitalier de l'Université du Colorado à Aurora, qui a traité 23 des personnes blessées dans la tuerie. Dix s'y trouvaient toujours dimanche, dont sept étaient soignées pour des blessures jugées critiques. L'hôpital est situé à quelques minutes de route du lieu où est survenue la fusillade.

Il s'agissait de la deuxième visite du président en moins d'un mois au Colorado, alors qu'il s'était déplacé à la fin juin pour échanger avec les sinistrés de Colorado Springs. Des centaines de maisons avaient été détruites dans l'un des incendies les plus ravageurs jamais connu dans cet État.

À Aurora, par ailleurs, des enquêteurs ont découvert un masque de Batman dans l'appartement de l'homme soupçonné être l'auteur de la fusillade, a déclaré un porte-parole de l'organisme responsable de l'application de loi, sous le couvert de l'anonymat.

La police a également indiqué que le suspect ne collaborait nullement avec les autorités. Le chef de la police de la ville, Dan Oates, a précisé que l'auteur présumé de la fusillade, James Holmes, refusait de parler.

Le jeune homme de 24 ans a été arrêté vendredi après qu'un homme armé eut ouvert le feu pendant la projection de minuit du dernier volet de la trilogie «Batman», tuant 12 personnes et faisant 58 blessés.

Actuellement en détention à l'isolement dans une prison du comté d'Arapahoe à l'est de Denver, James Holmes doit être entendu pour la première fois par un magistrat lundi matin, à 9 h 30, heure locale.

Selon Dan Oates, il faudra peut-être attendre des mois avant qu'un motif ne soit établi, ajoutant que la police collabore avec des experts du comportement du FBI. Le suspect s'est fait livrer plus de 50 paquets à son domicile et son école au cours des quatre derniers mois, a-t-il poursuivi.

Holmes était jusqu'à présent inconnu des services de police, selon les premiers éléments de l'enquête. La police locale et le FBI pensent toujours que le tireur présumé a agi seul, pour un mobile encore inconnu. Le FBI, a souligné samedi soir un de ses porte-parole, Dave Joly, «ne recherche pas un second suspect» comme l'ont rapporté certains organes de presse.