NOUVELLES
21/07/2012 12:24 EDT | Actualisé 20/09/2012 05:12 EDT

Scandale de l'eau contaminée au TCE à Shannon, la cause portée en appel

SHANNON, Qc - Le scandale de l'eau contaminée au trichloroéthylène (TCE) à Shannon se poursuivra devant la Cour d'appel. Les citoyens qui poursuivent la Défense nationale et les Industries Valcartier refusent de baisser les bras.

Le Regroupement des citoyens de Shannon n'a gagné qu'une bataille très partielle en Cour supérieure le 21 juin dernier, dans sa démarche de recours collectif.

Le juge Bernard Godbout a reconnu la responsabilité des pollueurs et autorisé des indemnisations, mais pour les seuls résidents d'un secteur appelé «triangle rouge» qui habitaient l'endroit entre décembre 2000 et décembre 2001. Ce faisant, plusieurs victimes ont été écartées et laissées en plan.

Selon les données du Regroupement, les citoyens de Shannon, les militaires de Valcartier et leurs familles ont été exposés pendant plus de 30 ans à de l'eau soi-disant potable, mais qui, dans les faits, était contaminée au trichloroéthylène (TCE).

Le docteur Claude Juneau a agi comme médecin civil auprès des familles des soldats. Il avait aussi des patients des environs. Rapidement, ses données médicales ont révélé des faits qui n'étaient pas, à son sens, conformes.

Des cas de cancer en quantité, souvent plusieurs dans une même famille, de même que toute sorte d'infections à traiter de manière répétitive.

«J'ai suivi certains pendant 25 ou 30 ans et je me suis aperçu qu'il y avait des cancers, parfois deux par famille, d'autres avaient des douleurs abdominales, des vertiges en prenant leur douche. C'était toujours à répéter et je ne trouvais pas la cause», affirme le médecin.

Soucieux, Dr Juneau a partagé ses observations avec d'autres collègues, qui ont tous été étonnés de constater l'incidence du cancer dans une région aussi peu peuplée. Les chiffres surpassaient les seuils de populations pourtant beaucoup plus importantes.

«Quand j'ai appris en 2001 que c'était le TCE qui était dans l'eau, je me suis dit: la cause, ne la cherche plus», a-t-il affirmé.

Selon la poursuite, le TCE a été déversé par la Défense nationale. Le regroupement dit détenir des preuves écrites que la contamination était connue dès 1985.

«C'est écrit noir sur blanc. Ils savaient que l'eau qu'ils donnaient aux militaires et à leurs familles était contaminée et ils ont laissé faire ça. Pour moi, c'est un acte criminel», plaide le médecin.

Le Regroupement finance cette bataille juridique et en assume les frais.

«C'est David contre Goliath, on se bat contre gouvernement fédéral dont les moyens sont illimités, alors que pour les citoyens, l'argent ne pousse pas dans les arbres», a déploré Claude Juneau, néanmoins déterminé à poursuivre la lutte.