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21/07/2012 03:57 EDT | Actualisé 20/09/2012 05:12 EDT

"On tire dans le cinéma" où passe Batman: 00H39, la police donne l'alerte

"Fusillade au cinéma Century, quelqu'un tire dans la salle! Au moins un mort": il est 00H39 vendredi lorsque la police d'Aurora donne l'alerte. Le film a commencé il y a une demi-heure et un homme ouvre le feu sur les spectateurs dans une salle bondée de la banlieue de Denver (ouest des Etats-Unis).

Les enregistrements radio des conversations entre la police et les services de secours, révélés samedi à la presse, lèvent un coin de voile sur le massacre perpétré au multiplex "Century 16" lors de la première de "The Dark Knight rises", nouvel opus de la série Batman. Le tireur présumé, James Holmes, est soupçonné d'avoir tué 12 personnes et d'en avoir blessé 58 autres.

Dès le début de la tuerie, des dizaines d'appels au secours passés par téléphone portable ont retenti au "911", le numéro d'urgence aux Etats-Unis.

"Appel à toutes les unités. Foncez au cinéma!" Quand la radio de la police d'Aurora déclenche l'alerte, il faut 90 secondes aux forces de l'ordre et aux secours pour se rendre sur les lieux, tout proches du poste de police.

"Nous avons déjà du monde sur place, mais quelqu'un doit encore probablement tirer à tout-va!", lâche un ambulancier sur sa radio.

"Quelqu'un au tapis (...) Peut-être d'autres victimes. On envoie une deuxième ambulance (...) une troisième", souffle la policière dans sa radio. Très vite, elle ajoute: "c'est une fusillade avec beaucoup de victimes.

Le coordinateur des secours derrière sa radio prévient aussi ses troupes qu'elles vont avoir "besoin de leur masques car du gaz à été diffusé dans la salle".

La police d'Aurora a expliqué vendredi que le tireur, vêtu d'une tenue de protection et d'un masque à gaz, avait d'abord lâché une bombe lacrymogène ou un fumigène dans la salle avant d'ouvrir le feu.

James Holmes, un étudiant de 24 ans, a été arrêté sans résistance à l'extérieur du cinéma après avoir tiré pendant environ une minute et demie selon des témoins cités dans la presse.

Les enregistrements de la police permettent de vivre quasiment en direct son interpellation.

"Vous avez le suspect?", demande une unité de police à des collègues. "Oui, on a des fusils, des masques à gaz. On le tient", répond un policier. "Tenez votre position, tenez votre suspect!", ordonne un officier.

Au même moment, la radio des secours prévient que "la police réclame le plus d'ambulances possible". Toute la nuit, des véhicules aux sirènes hurlantes foncent vers le cinéma.

"J'suis là, juste au Nord du Century (...) J'ai une femme avec BPB (blessures par balle) à la jambe", crie un médecin. Une autre équipe prend en charge "cinq rouges", c'est à dire cinq blessés.

Les dizaines de blessés sont acheminés vers les hôpitaux par ambulance ou voiture de police.

D'autres spectateurs ont eu moins de chance.

"D'après les flics, il y a des morts à l'intérieur du cinéma", lance un secouriste. "OK. S'ils sont morts, laisse-les", lui ordonne son chef. "On est en situation d'extrême urgence pour l'instant".

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