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20/07/2012 09:29 EDT | Actualisé 19/09/2012 05:12 EDT

Thierry Peugeot se dit choqué par les critiques portées contre la stratégie de PSA

PARIS - Thierry Peugeot se dit choqué par les critiques du chef de l'État et du gouvernement contre la stratégie du constructeur automobile, qui a annoncé la semaine dernière la suppression de 8000 postes en France.

«Il y a des mots que je n'ai pas aimés et qui ont été répétés: 'mensonge' et 'dissimulation'. Nous sommes prêts à accepter la critique, mais il y a des limites», souligne le président du conseil de surveillance de PSA Peugeot Citroën dans un entretien publié vendredi dans «Le Figaro».

«Au-delà de ma propre réaction et de celle de ma famille, c'est tout le groupe qui vit mal ces attaques et qui se sent visé», poursuit Thierry Peugeot. Il assure que le groupe est «bien conscient de la gravité du plan de 8000 suppressions d'emplois», reconnaissant qu'il s'agit de mesures «douloureuses».

«Je comprend qu'elles puissent choquer au sein de l'entreprise, du gouvernement et dans l'ensemble du pays, explique-t-il. Mais nous sommes des gens responsables, des industriels, des entrepreneurs. Nous avons des valeurs d'humanisme et de respect et nous ferons en sorte que ces valeurs soient appliquées dans la mise en oeuvre du plan.»

Mercredi, le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, avait remarqué que le gouvernement n'avait «pas une confiance extraordinaire dans ce que nous dit aujourd'hui la direction de Peugeot», affirmant qu'il y avait eu des «dissimulations». «Nous avons un vrai problème sur la stratégie de Peugeot», avait-il martelé.

Le 14 juillet, le président François Hollande avait accusé la direction de PSA de «mensonge»: «ce plan n'a pas été annoncé alors qu'il était déjà prévu» avant la présidentielle des 22 avril et 6 mai, avait-il déclaré lors de son interview télévisée.

Justifiant ce vaste plan de restructuration, qui va aboutir à la fermeture de l'usine d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), M. Peugeot insiste sur la «crise extrêmement violente» que traverse le groupe, avec un marché européen qui s'est effondré de 25 pour cent en cinq ans.

«Comme il s'agit de la zone où nous sommes le plus présents, nous souffrons, d'autant que la concurrence est très forte. Dans ce contexte, nous sommes dans l'obligation de nous adapter, nous ne pouvons pas rester sans rien faire», ajoute-t-il.

Il se dit «convaincu» que le groupe doit «devenir un groupe mondial» et réussir sa montée en gamme. «Il n'y a pas d'autre stratégie possible. Nous avons désormais deux coentreprises en Chine (...) mais le développement international ne peut pas se faire du jour au lendemain.» «Nous avons 16 établissements industriels en France, dont six usines de voitures. Mais nous avons aussi fait le choix de nous développer à l'international. Il n'y avait pas d'autre stratégie possible», conclut Thierry Peugeot.

La direction doit exposer le 25 juillet lors d'un Comité central d'entreprise les mesures d'accompagnement du plan social. Le même jour, l'ensemble du plan de soutien à la filière automobile du gouvernement doit être présenté en conseil des ministres.