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20/07/2012 12:27 EDT | Actualisé 19/09/2012 05:12 EDT

Syrie: à la frontière avec l'Irak, les rebelles assurent tenir le poste

Au poste-frontière syrien de Boukamal, le calme a pris le pas vendredi sur la fureur des combats de la veille. Les opposants armés à Bachar al-Assad affirment tenir ce point de passage déserté, que les voisins irakiens ont totalement fermé.

Une clôture plantée dans le sable sépare la province irakienne d'Al-Anbar de la Syrie. Elle divise de petits vergers esseulés, cultivés de part et d'autre de la frontière. Côté syrien, la ville s'appelle Boukamal, et Qaim, côté irakien.

Après que l'Armée syrienne libre (ASL), formée de déserteurs et de civils armés, a pris le dessus sur l'armée fidèle au président Assad jeudi soir, les Irakiens ont fermé leur poste-frontière, l'un des trois passages terrestres vers le voisin syrien sur cette frontière longue de 600 km.

Puis le vice-ministre irakien de l'Intérieur, Adnan al-Assadi a affirmé que les rebelles syrien contrôlaient toute la frontière. Par crainte de débordements, M. Assadi a mis en garde: "Si cette situation continue, nous allons fermer toute la frontière avec la Syrie".

Mais à première vue, il était difficile vendredi de savoir qui tenait le poste-frontière.

Côté syrien, un mirador est inoccupé, comme l'a constaté un photographe de l'AFP. Les bâtiments de la police syrienne des frontières paraissent tout autant désertés. Aucun drapeau n'a été hissé. Seule indication que les rebelles semblent l'avoir emporté: un portrait de Bachar al-Assad a été lacéré.

"Nous contrôlons la frontière de Boukamal", a assuré à l'AFP le lieutenant Khalid Abou Ziad de l'ASL, joint par téléphone vendredi. "Nous avons attaqué les soldats (de l'armée syrienne) à l'arme légère. Certains ont fui, d'autres nous ont rejoints".

En ville, à Boukamal, des Syriens joints par l'AFP assurent vivre une situation très difficile. "Nous manquons de tout, d'électricité, d'eau, de médicaments. Nous sommes pris entre deux feux, celui de l'armée syrienne et celui de l'ASL", explique Abou Abdoullah, 60 ans.

Les affrontements féroces de la veille côté syrien ont poussé l'armée et la police irakiennes à multiplier les patrouilles.

Qaim, la ville irakienne, grouille de policiers et de soldats. Des points de contrôle ont été érigés. Et les habitants, qui bien souvent ont des proches côté syrien, étaient empêchés de se rendre en Syrie, tout comme les journalistes.

"Ces deux derniers jours, les combats n'ont pas cessé du côté syrien", raconte Abou Youssouf, un fonctionnaire irakien de 26 ans, à l'AFP. "On nous a dit que l'Armée syrienne libre contrôlait le poste-frontière".

Et le jeune homme de se lamenter. "Nos proches qui vivent du côté syrien nous ont appelé en nous disant: +On vous a aidés quand vous étiez en guerre contre les Etats-Unis. Et aujourd'hui, vous n'êtes pas capables de nous donner un coup de main?+".

Dans cette région majoritairement sunnite, nombre d'habitants sont membres de tribus qui font fi des frontières administratives.

Des proches en Syrie ont aussi demandé à Abou Youssouf des "poches de sang. Mais on ne peut pas leur faire parvenir parce que l'armée nous en empêche. Les soldats sont partout, leur présence atteint des niveaux inédits".

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