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20/07/2012 09:19 EDT | Actualisé 19/09/2012 05:12 EDT

Ouest ivoirien: quatre tués à Duékoué, représailles contre des déplacés

Quatre personnes ont été tuées dans la nuit de jeudi à vendredi à Duékoué, dans l'ouest de la Côte d'Ivoire, déclenchant des représailles d'habitants contre des déplacés regroupés dans un camp près de la ville, a-t-on appris de sources concordantes.

Aucun bilan global des violences, qui auraient été provoquées par un braquage meurtrier, n'était disponible pour le moment, mais une source médicale a fait état de "plusieurs dizaines de blessés".

Cet incident rappelle que l'Ouest, en proie depuis des années à de graves tensions ethniques sur fond de conflits fonciers, reste la région la plus instable plus d'un an après la fin de la crise postélectorale de décembre 2010-avril 2011, qui a fait quelque 3.000 morts, dont des centaines à Duékoué et dans sa région.

"Une attaque perpétrée dans la nuit de jeudi à vendredi dans le quartier Kôkôma de Duékoué, habité majoritairement par l'ethnie malinké (originaire du nord du pays, ndlr), a fait quatre morts", a déclaré à l'AFP un habitant, joint au téléphone depuis Abidjan.

Ce bilan a été confirmé par des sources sécuritaires occidentales et un journaliste local.

"En représailles, les jeunes de Kôkôma se sont attaqués au camp de déplacés de Niambly", situé à l'entrée de la ville, peuplé surtout d'autochtones Guéré réfugiés à la suite de la crise et gardé par l'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (Onuci).

Selon plusieurs sources, les jeunes étaient accompagnés de militaires des Forces républicaines (FRCI) et de "dozos", chasseurs traditionnels servant de supplétifs aux forces de sécurité.

"Ils sont allés au camp, en ont d'abord détruit l'entrée, puis ils ont incendié le camp", a affirmé l'une des sources sécuritaires. Sous couvert d'anonymat, un employé du Haut commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR) a dit dans la matinée que des tirs étaient entendus "du côté du camp de déplacés".

"Plusieurs dizaines de personnes blessées à l'arme blanche sont déjà arrivées, on les envoie en chirurgie", a indiqué un membre du personnel de l'hôpital de Duékoué, ajoutant que "beaucoup de gens viennent se réfugier à l'hôpital".

Certains déplacés se sont réfugiés vers la mission catholique de Duékoué et d'autres erraient dans la ville en quête d'un abri, selon plusieurs sources.

"Il y a la panique ici, les pensionnaires fuient le camp", a raconté une habitante.

Un militaire FRCI a affirmé que les forces armées étaient à la recherche des responsables des quatre morts de Duékoué. "Nous n'avons pas encore mis la main sur eux", a-t-il dit.

Les Malinké sont considérés comme des soutiens du président Alassane Ouattara, tandis que les Guéré sont vus comme favorables à l'ex-chef de l'Etat Laurent Gbagbo, son rival de la crise de 2010-2011.

Plus au sud, près de la frontière avec le Liberia, plusieurs attaques contre des villages ont fait début juin plus d'une vingtaine de morts, dont sept Casques bleus nigériens, et provoqué le déplacement de quelque 13.000 personnes. Le gouvernement de M. Ouattara a accusé des forces pro-Gbagbo basées au Liberia.

Dans son dernier rapport présenté cette semaine au Conseil de sécurité, l'ONU a dit observer "avec inquiétude" que "la situation sécuritaire ne cesse de se dégrader" dans l'Ouest.

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