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20/07/2012 03:14 EDT | Actualisé 19/09/2012 05:12 EDT

Massacre au cinéma: quand le film se mélange à l'horreur

La première de "Batman" a viré à l'horreur véritable pour des dizaines de jeunes Américains pris pour cible par un tireur dans un cinéma du Colorado (ouest), les spectateurs pensant dans un premier temps que l'attaque faisait partie du spectacle.

"Beaucoup de gens ont cru que cela faisait partie du film. Ensuite on s'est rendu compte que ce n'était pas le cas", a dit à l'AFP Erin Post, 15 ans en décrivant le moment où la première bombe de fumée a explosé.

Tanner Coon, 17 ans, et ses amis étaient assis à quatre rang du haut de la salle 9, celle où un tireur masqué a soudainement fait irruption depuis une porte de sortie avant de commencer à tirer.

"J'essayais de sortir et je suis tombé sur une femme qui était couverte de sang. Je lui ai dit: +il faut sortir de là+. Elle n'a pas répondu et j'en ai conclu qu'elle était morte", a-t-il raconté à l'AFP sur place.

La police a arrêté le tireur --un homme de 24 ans répondant au nom de James Holmes selon les médias américains-- à l'arrière du multiplex peu après le massacre qui a fait 12 morts et près de 40 blessés.

Chris Ramos a raconté qu'il n'avait pas compris immédiatement qu'il s'agissait d'une vraie fusillade. "Le film avait commencé depuis 15 ou 20 minutes. J'avais entendu des gens dire qu'il allait y avoir une scène d'action et la fusillade a éclaté", a-t-il dit à la chaîne CNN.

"Dans un premier temps, on a pensé que cela faisait partie du spectacle, car nous avons pensé qu'ils (les organisateurs) essayaient de mettre de l'ambiance par rapport au nouveau Batman", a-t-il ajouté.

Selon lui, "dans la pénombre, cela aurait pu ressembler à une chauve-souris ou quelque chose comme ça, et ensuite ça a commencé, il y a eu une explosion et il y a eu de la fumée et une odeur étrange s'est répandue".

Dans une école, non loin de la scène du massacre, la police a interrogé les spectateurs survivants.

Des amis et membres des familles ont alors commencé à affluer pour tenter de prendre des nouvelles de leurs proches.

Paul Smith avait déposé au cinéma sa petite soeur de 14 ans, Dana, et n'avait aucune nouvelle d'elle depuis un bref appel.

Rodney Haines cherchait, lui, son fils de 29 ans. "Son nom n'est sur aucune des listes", a dit le père à l'AFP avant d'ajouter: "J'ai appelé des hôpitaux. Maintenant, il faut que je rentre à la maison pour chercher ma femme".

Près d'un monospace vert, un homme pleurait sans pouvoir s'arrêter tandis qu'un pasteur local et des bénévoles de la police tentaient de le réconforter.

A quelques kilomètres de là, la police et des artificiers utilisaient une échelle pour une première inspection de l'appartement du tireur depuis la fenêtre. Ils ont rapidement annoncé qu'il était piégé.

Un étudiant en pharmacie habitant le même immeuble --évacué-- a dit au quotidien Denver Post que James Holmes était quelqu'un de réservé qui ne saluait personne. "Personne ne le connaissait, personne", a-t-il dit.

A la télévision, Daniel Oates, le chef de la police d'Aurora, la commune où se trouve le cinéma, a décrit l'arrivée des secours sur place. "Environ 25 policiers sont arrivés dans les minutes qui ont suivi" les premiers appels aux secours.

"Outre le fait de fouiller le cinéma, ils se sont largement employés à sortir les victimes pour les conduire à l'hôpital", a-t-il dit en ajoutant qu'il y a eu finalement près de "200 policiers sur place".

M. Oates a précisé que l'homme avait trois armes dans sa voiture, dont un fusil d'assaut, et qu'une arme avait été laissée sur les lieux du massacre. Le suspect était habillé en noir, il portait un casque, un gillet pare-balles, un protège-cou, un masque et des gants.

"Nous pensons qu'il a agi seul", a dit M. Oates en promettant une enquête minutieuse pour en être certain.

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