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20/07/2012 01:06 EDT | Actualisé 19/09/2012 05:12 EDT

L'ONU prolonge de 30 jours la mission de ses observateurs en Syrie

Le Conseil de sécurité a prolongé vendredi pour une "ultime période de 30 jours" la mission des observateurs de l'ONU en Syrie, à quelques heures de l'expiration de leur mandat et après un nouveau bras de fer entre Russes et Occidentaux.

Le vote a été unanime sur cette proposition présentée par les Européens (France, Allemagne, Portugal, Royaume-Uni). Le Conseil devait se prononcer sur le sort de la Misnus (Mission de supervision de l'ONU en Syrie) avant vendredi soir sinon les observateurs auraient dû plier bagages en hâte pendant le week-end.

Les 300 observateurs militaires non armés, accompagnés d'une centaine d'experts civils, avaient été déployés en avril afin de surveiller un cessez-le-feu qui n'a jamais été respecté. Ils avaient dû renoncer à la mi-juin à patrouiller sur le terrain en raison de l'intensification des combats.

La Russie a menacé jusqu'à la dernière minute de mettre son veto au texte et avait mis sur la table, en compagnie du Pakistan, un projet de résolution rival qui renouvelait le mandat de la Misnus sans conditions.

Selon le texte adopté, le délai de 30 jours ne pourra être dépassé que si Damas renonce à ses attaques à l'arme lourde et si la sécurité s'est suffisamment améliorée pour que la Misnus puisse faire son travail.

Moscou, de même que la Chine, a mis son veto jeudi à une résolution occidentale menaçant le régime syrien de sanctions. Les deux pays avaient auparavant bloqué deux autres textes à l'ONU pour protéger leur allié syrien, en octobre 2011 et février 2012.

Selon l'ambassadrice américaine Susan Rice, le délai de 30 jours va permettre aux observateurs de "se retirer en bon ordre et en sécurité". Il faudrait des "circonstances peu vraisemblables" pour que la Misnus puisse rester sur place au-delà, a-t-elle jugé.

"Nous avons dit clairement qu'il s'agissait d'une ultime prolongation, à moins qu'il n'y ait un changement de la dynamique sur le terrain", a souligné l'ambassadeur britannique Mark Lyall Grant. Sinon, "la Misnus partira au bout de 30 jours".

Pour l'ambassadeur de Russie Vitali Tchourkine par contre, "la résolution ne parle pas de retrait mais de poursuite de la Mission" qui peut toujours "jouer un rôle dans la réduction de la violence".

Il a expliqué que la dernière mouture de la résolution était "équilibrée" car elle "demande à toutes les parties de faire baisser le niveau de violence". La Russie "espère que le mandat (de la Misnus) pourra être prolongé une nouvelle fois" et souhaite que le médiateur Kofi Annan "continue son travail".

La résolution précise que passé le délai de 30 jours, la mission ne pourra être éventuellement prolongée que si le Conseil "confirme la cessation de l'utilisation d'armes lourdes". En pratique, cette clause concerne les forces régulières qui sont seules à en posséder, l'opposition étant plus légèrement armée.

Il faudra aussi qu'il y ait, "de la part de toutes les parties, une réduction du niveau de violence suffisante pour permettre à la Misnus d'accomplir son mandat".

Le Conseil "tiendra compte des recommandations du secrétaire général (de l'ONU Ban Ki-moon) pour réorienter la Mission", précise le texte. M. Ban a préconisé de réduire le nombre d'observateurs militaires et de donner à la Misnus un rôle plus politique.

L'ONU a envoyé jeudi à Damas son principal conseiller militaire, le général Babacar Gaye, pour prendre en mains la Misnus après le départ du général norvégien Robert Mood qui la commandait jusqu'ici.

avz/bar