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20/07/2012 08:43 EDT | Actualisé 19/09/2012 05:12 EDT

L'inflation annuelle canadienne a grimpé à 1,5 pour cent en juin

OTTAWA - L'inflation annuelle a légèrement augmenté pour s'établir à 1,5 pour cent le mois dernier au Canada, mais la plupart des prix à la consommation sont demeurés stables et peu d'indices laissaient croire à une pression accrue dans quelque région que ce soit au pays.

La croissance affichée par rapport à juin 2011 était principalement attribuable aux prix plus élevés pour les véhicules automobiles, l'électricité et la nourriture ainsi qu'à une hausse du coût de remplacement pour les propriétaires, a précisé vendredi Statistique Canada.

L'indice des prix à la consommation a augmenté de 0,3 point de pourcentage par rapport au mois de mai.

Les économistes avaient prévu une hausse plus importante compte tenu de la faible inflation de 1,2 pour cent du mois de mai.

Mais ces mêmes observateurs avaient aussi souligné que cette croissance serait en grande partie temporaire, puisqu'elle reposait essentiellement sur des facteurs inhabituels l'année précédente. En effet, les prix de l'essence avaient fléchi il y a un an et les concessionnaires automobiles avaient lancé une vaste campagne d'aubaines.

Les rabais des concessionnaires automobiles ont aussi eu lieu en juin cette année, avec des prix inférieurs de 2,7 pour cent à ceux affichés le mois précédent — mais ces aubaines étaient moins marquées que celles de l'an dernier.

En outre, les prix de l'essence ont poursuivi leur tendance à la baisse en juin 2012, reculant de 3,2 pour cent par rapport au mois de mai.

Un portrait encore plus précis de l'inflation émergeait à travers les données mensuelles, lesquelles ont fait état d'un recul de 0,4 pour cent des prix à la consommation par rapport au mois de mai.

«En dépit des diverses variations et des mauvaises nouvelles pour les secteurs de l'alimentation et de l'énergie, l'inflation canadienne demeure remarquablement stable et représente l'une de nos inquiétudes économiques les moins pressantes», a observé l'économiste en chef délégué de BMO Marchés des capitaux, Doug Porter.

L'économiste a toutefois affirmé que le prix des aliments pourrait éventuellement devenir une plus grande source d'inquiétude. Une importante sécheresse aux États-Unis a fait grimper les prix du maïs et du soja à des niveaux records, en plus d'exercer une pression à la hausse sur le prix du blé.

«Pour plusieurs items alimentaires, les prix sont ceux d'un marché nord-américain, alors cela aura des répercussions sur le prix du panier alimentaire canadien», a expliqué M. Porter. «Nous avons déjà observé par le passé qu'un délai de jusqu'à neuf mois pouvait survenir, alors cela pourrait devenir un problème important aux environs de la fin de l'année ou au début de la prochaine.»

Plus tôt cette semaine, la Banque du Canada a indiqué s'attendre à ce que l'inflation d'ensemble reste en deçà de sa cible de deux pour cent pendant encore environ un an.

L'autre mesure de la banque centrale — l'inflation de base, qui exclut les prix des éléments les plus volatils comme ceux de l'énergie et des fruits et légumes frais — pourrait être surveillée davantage ces prochains mois puisqu'elle a grimpé de deux dixièmes de point à deux pour cent. Cela reste malgré tout conforme à la cible de la banque.

Plusieurs analystes croient que le gouverneur de la banque centrale, Mark Carney, ne risque pas de perdre plusieurs nuits de sommeil tourmenté par l'inflation, même celle de base. L'anémie de la croissance économique mondiale devrait empêcher l'inflation de grimper en flèche pour un bon moment, malgré la faiblesse historique des taux d'intérêt.

M. Carney a laissé cette semaine le taux d'intérêt directeur de la banque à son niveau actuel, soit un pour cent. Il s'y trouve depuis septembre 2010.

Dans son rapport de vendredi, Statistique Canada a noté une hausse de 5,9 pour cent des coûts de l'électricité par rapport à l'an dernier, mais malgré cette forte hausse — concentrée surtout en Ontario, en Alberta et en Colombie-Britannique —, la composante de l'énergie a reculé de 0,8 pour cent sur les 12 derniers mois, après avoir aussi diminué en mai.

En fait, pour un deuxième mois consécutif, les prix de l'énergie ont tiré l'inflation annuelle vers le bas, ce qui n'avait pas été le cas depuis octobre 2009. En excluant ce segment, l'indice des prix à la consommation aurait crû de 1,7 pour cent en juin, a précisé l'agence gouvernementale.

Sur une base annuelle, les prix des aliments ont grimpé de deux pour cent, ceux du transport ont pris 1,7 pour cent et ceux du logement se sont appréciés de 1,3 pour cent.

En comparaison avec le mois de mai, le gaz naturel, les légumes frais, les services financiers, l'énergie et les séjours à l'hôtel ont tous coûté plus cher en juin. Mais les automobiles, les vêtements, l'essence, les boissons non alcooliques et les coûts liés aux taux d'intérêt hypothécaires ont tous coûté moins cher.

Parmi les provinces, l'Ontario a présenté l'inflation la plus faible, soit 1,2 pour cent. Au Québec, elle a progressé de 0,1 point de pourcentage pour atteindre deux pour cent. Au Nouveau-Brunswick, elle s'est établie à 1,4 pour cent.