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20/07/2012 07:17 EDT | Actualisé 19/09/2012 05:12 EDT

JO-2012 - La gym roumaine relève la tête, mais craint pour son avenir

La Roumanie, l'une des grandes puissances de la gymnastique féminine depuis le sacre parfait de la reine Nadia Comaneci aux Jeux de Montréal en 1976, compte retrouver son lustre aux jeux Olympiques de Londres après une période difficile, même si elle s'inquiète pour son avenir.

Moins visibles sur les podiums internationaux ces dernières années, les gymnastes roumaines ont fait un retour remarqué en mai en remportant quatre médailles d'or sur cinq aux Championnats d'Europe à Bruxelles.

"C'était une répétition des Jeux olympiques, un entraînement avec un public. Nous n'avons qu'un seul objectif, les Jeux olympiques", a déclaré à l'AFP Octavian Bellu, l'entraîneur de l'équipe féminine nationale, qui ne cache pas "ses grandes espérances" à Londres.

Avec 23 médailles d'or en gymnastique chez les dames aux JO, la Roumanie, "petit" pays du sud-est de l'Europe, est la deuxième nation la plus titrée derrière la Russie (URSS comprise) et bien avant les Etats-Unis et la Chine.

Nadia Comaneci, Ecaterina Szabo, Simona Amanar ou Catalina Ponor, encore en lice à Londres à 25 ans, sont quelques-unes des virtuoses roumaines à avoir marqué l'histoire.

Fleuron du sport roumain sous le régime communiste, la gymnastique a vu ses financements réduits comme peau de chagrin après la chute du dictateur Nicolae Ceausescu en 1989.

"La gymnastique, comme l'ensemble du sport en Roumanie, est victime d'un sous-financement chronique qui correspond à une période de transition toujours pas terminée", explique à l'AFP le président de la Fédération nationale de gymnastique, Adrian Stoica.

Les salaires sont l'un des principaux problèmes. Comme les médecins et infirmières dans le domaine de la santé, les meilleurs entraîneurs choisissent de partir à l'étranger.

"Ceux qui restent font preuve d'un héroïsme professionnel", souligne M. Stoica.

A cela s'ajoute une carence de gymnastes. La Fédération roumaine compte moins de 250 sportives licenciées, un casse-tête pour les sélectionneurs.

"Au niveau du pays, nous avons actuellement six filles qui évoluent à très haut niveau et ce sont les six gymnastes qui se préparent pour les Jeux", explique Octavian Bellu.

Il y a trente ans, les petites Roumaines se battaient pour s'inscrire dans les clubs de gymnastique et marcher sur les traces de Comaneci.

Aux Jeux de Montréal en 1976, la Roumaine a été la première à obtenir - à sept reprises - la note maximale de 10 lors d'une compétition olympique, entrant ainsi dans l'histoire de ce sport et devenant un exemple pour toute une génération.

"Il y a eu le moment Nadia mais, petit à petit, la base de sélection pour l'équipe nationale a diminué et aujourd'hui il existe très peu de sportives qui pourront être sélectionnées pour les JO de Rio de Janeiro en 2016", complète Bellu.

Un désamour qui s'explique par l'inflation des activités offertes aux enfants après la chute du communisme.

"Si rien n'est fait, Londres va être pour la gymnastique roumaine une sorte de chant du cygne", estime Catalin Tolontan, rédacteur en chef de Gazeta sporturilor, l'un des plus prestigieux quotidiens sportifs de Roumanie.

Avant de conclure: "Espérons que ce chant soit le plus joli possible".

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