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20/07/2012 01:22 EDT | Actualisé 19/09/2012 05:12 EDT

De nouvelles violences dans l'ouest de la Côte d'Ivoire font 13 morts

Au moins 13 personnes ont été tuées dans des violences survenues vendredi dans la ville de Duékoué, dans l'ouest de la Côte d'Ivoire, et dans un camp de déplacés voisin gardé par l'ONU, a-t-on appris vendredi de sources locales.

"J'ai compté au moins neuf morts dans le camp de déplacés, la plupart étaient de jeunes hommes", a déclaré à l'AFP un habitant, joint au téléphone depuis Abidjan. Ce bilan a été confirmé par un membre d'une ONG locale et un journaliste local.

Censé être protégé par l'ONU, le camp de déplacés de Niambly, voisin de Duékoué et abritant surtout des autochtones d'ethnie guéré, a été attaqué vendredi par des jeunes en représailles à la mort de quatre personnes, tuées durant la nuit par des inconnus à Kôkôma, un quartier de Duékoué peuplé principalement de Malinké (originaires du nord du pays).

Ces violences, qui auraient été provoquées par un braquage meurtrier, ont aussi fait "plusieurs dizaines de blessés", "par balles et armes blanches", selon des sources médicales.

Cet incident rappelle que l'Ouest, en proie depuis des années à de graves tensions ethniques sur fond de conflits fonciers, reste la région ivoirienne la plus instable plus d'un an après la fin de la crise postélectorale de décembre 2010-avril 2011, qui a fait quelque 3.000 morts, dont des centaines à Duékoué et dans sa région.

Le camp, abritant plus de 4.000 personnes réfugiées à la suite de la crise, était sous la protection d'un contingent de l'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (Onuci).

Mais, selon une employée du Haut commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR) sur place et un autre journaliste local, les Casques bleus ont été débordés par la foule, étant "en nombre insuffisant".

"Je n'arrive pas à comprendre ce qui a pu se passer pour que l'ONU n'ait pas réussi à maintenir (à l'extérieur, ndlr) la foule venue se venger", a confié le père Cyprien Ahouret, curé de la mission catholique de Duékoué. Il a regretté qu'un "braquage" ait mené à ce drame: "ici, lorsqu'il y a une crise, les ethnies se l'approprient".

Selon plusieurs sources, les jeunes qui ont attaqué le camp étaient accompagnés de militaires ivoiriens des Forces républicaines (FRCI) et de "dozos", chasseurs traditionnels servant de supplétifs à ces forces de sécurité.

"nombreux blessés par balles et armes blanches"

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"Ils sont allés au camp, en ont d'abord détruit l'entrée, puis ils ont incendié le camp", a affirmé une source sécuritaire occidentale.

Après des tirs dans la ville et surtout au camp dans la matinée, "le calme est revenu", a indiqué un habitant dans l'après-midi.

Selon des témoins, des Casques bleus se sont déployés dans les quartiers à majorité guéré de Duékoué et autour de la mission catholique, où se sont abrités de nombreux déplacés. Les FRCI sillonnaient aussi la ville.

"Plusieurs dizaines de personnes blessées" ont été accueillies à l'hôpital de Duékoué, a relaté un membre du personnel. Une autre source hospitalière a évoqué "de nombreux blessés par balles et armes blanches".

Dans un communiqué publié par leur ambassade à Abidjan, les Etats-Unis ont condamné "fermement" ces violences et demandé "instamment" au gouvernement ivoirien et à l'Onuci de "prendre les mesures immédiates pour assurer la protection des civils dans la région".

Ils ont réclamé "l'ouverture immédiate d'une enquête" et que les responsables des violences soient "obligés de rendre compte".

Les Malinké sont considérés comme des soutiens du président Alassane Ouattara, tandis que les Guéré sont vus comme favorables à l'ex-chef de l'Etat Laurent Gbagbo, son rival de la crise de 2010-2011.

Plus au sud, près de la frontière avec le Liberia, plusieurs attaques contre des villages ont fait début juin plus d'une vingtaine de morts, dont sept Casques bleus nigériens, et provoqué le déplacement de quelque 13.000 personnes. Le gouvernement de M. Ouattara a accusé des forces pro-Gbagbo basées au Liberia.

Dans son dernier rapport présenté cette semaine au Conseil de sécurité, l'ONU a dit observer "avec inquiétude" que "la situation sécuritaire ne cesse de se dégrader" dans l'Ouest.

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