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20/07/2012 06:11 EDT | Actualisé 19/09/2012 05:12 EDT

Barack Obama et Mitt Romney suspendent leur campagne après la tuerie au Colorado

WASHINGTON - La campagne en vue de l'élection présidentielle aux États-Unis a pris une tournure tragique, vendredi, après la fusillade qui a fait 12 morts et 59 blessés dans un cinéma de la banlieue de Denver. La tuerie a encore une fois relancé le débat sur le contrôle des armes à feu aux États-Unis.

Le président Barack Obama a interrompu sa tournée en Floride pour rentrer à la Maison-Blanche. «Il y aura d'autres jours pour la politique, a déclaré le président. Je crois que c'est un jour de prière et de réflexion.»

Barack Obama a assuré que l'auteur de cet «acte abominable» serait traduit en justice. Le suspect, qui a été arrêté, a été identifié comme étant James Holmes, un citoyen américain âgé de 24 ans qui étudiait au doctorat en sciences neurologiques à Denver.

«Une telle violence est insensée. Cela dépasse la raison», a ajouté le président, avant d'ordonner que tous les drapeaux américains soient mis en berne jusqu'au coucher du soleil.

Son rival républicain dans la course présidentielle, Mitt Romney, a diffusé un communiqué dans lequel il affirme que sa femme Ann et lui sont «profondément attristés par les nouvelles de cette violence insensée».

De passage au New Hampshire, il a ajouté: «Nos coeurs sont brisés de chagrin face à cette tragédie indescriptible».

Les deux hommes ont temporairement suspendu leur campagne et ont également suspendu la diffusion de publicités politiques négatives au Colorado.

La tuerie d'Aurora n'est que le dernier épisode en date d'une série de fusillades meurtrières aux États-Unis, un pays où le droit de posséder des armes à feu est protégé par la Constitution.

Des sondages menés par la maison Gallup suggèrent que les Américains sont de plus en plus opposés au contrôle des armes depuis une vingtaine d'année. Plusieurs État ont assoupli leurs lois sur les armes à feu, en permettant notamment aux citoyens de porter des armes chargées dans les lieux publics. La National Rifle Association, le principal lobby des armes, est très présente sur la colline du capitole.

Au Colorado, les citoyens ont le droit de posséder une arme de poing dans leur voiture, au travail et dans leur résidence. Les armes dissimulées sont permises dans l'espace public.

Le maire de New York, opposé depuis longtemps au port d'armes à feu, a réprimandé Barack Obama et Mitt Romney vendredi matin.

«Vous savez, lancer des belles paroles, c'est bien beau, mais il serait peut-être temps que les deux hommes qui veulent devenir président des États-Unis se lèvent et nous disent ce qu'il vont faire à ce sujet», a déclaré Michael Bloomberg lors d'une entrevue sur une radio new-yorkaise.

«Peu importe leur position au sujet du Deuxième amendement (de la Constitution), peu importe leur opinion sur les armes à feu, nous avons le droit de savoir concrètement ce qu'ils veulent faire, pas seulement des généralités. Qu'entendent-ils faire précisément au sujet des armes à feu?», a lancé M. Bloomberg.

Les opposants au contrôle des armes, de leur côté, se sont offusqués que la question revienne sur le devant de la scène chaque fois qu'une tuerie survient aux États-Unis.

«Si vous utilisez la tragédie d'Aurora pour faire la promotion du contrôle des armes, vous êtes méprisable», a écrit vendredi le site Internet conservateur RedState.com.

Le Drudge Report a posté un article suggérant que l'auteur de la fusillade était membre du Parti démocrate, tandis qu'un reporter de la chaîne ABC a laissé entendre qu'il pourrait être membre de Tea Party, l'aile ultraconservatrice du Parti républicain. Le réseau s'est ensuite excusé pour ces propos.

Un membre du Congrès qui représente le Texas a quant à lui lié la fusillade aux «attaques incessantes contre les croyances judéo-chrétiennes», tout en se demandant pourquoi personne dans le cinéma n'avait été en mesure de répliquer au tireur.

«Avec tous ces gens dans la salle, pourquoi personne ne portait une arme qui aurait pu neutraliser le tireur plus rapidement?», a lancé Louie Gohmert dans une entrevue avec l'Heritage Foundation, un groupe de réflexion conservateur.