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19/07/2012 07:53 EDT | Actualisé 18/09/2012 05:12 EDT

Un autre parti dénonce l'achat allégué de votes à la présidentielle mexicaine

MEXICO - Le principal parti conservateur mexicain a affirmé, jeudi, avoir en sa possession des «preuves fortes et concluantes» montrant que des fonds illicites ont été utilisés dans la campagne du vainqueur de l'élection présidentielle du 1er juillet, Enrique Peña Nieto.

Le président du Parti action nationale (PAN), Gustavo Madero, a annoncé que son parti se joignait aux partis de gauche mexicains qui demandent aux autorités électorales d'enquêter sur l'utilisation de cartes de débit prépayées qui auraient été achetées par l'équipe de M. Peña Nieto pour distribuer environ 108 millions de pesos (8,2 millions $ US). Ce montant représenterait environ le tiers de l'argent utilisé légalement dans la cadre de la course électorale.

Enrique Peña Nieto, candidat du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI), a remporté la présidentielle avec une avance de 6,6 points de pourcentage face à son plus proche rival, le candidat de gauche Andrés Manuel Lopez Obrador.

Le PAN, du président sortant Felipe Calderon, et le parti de M. Lopez Obrador, le Parti de la révolution démocratique (PRD), sont rarement d'accord. La conférence de presse commune que les deux partis ont organisée jeudi était un événement rare.

Les deux partis affirment que le PRI s'est engagé dans une campagne massive d'achat de votes.

Les cartes de débit prépayées ont d'abord été découvertes par le PAN. Elles auraient été utilisées pour verser des milliers de pesos aux représentants de district du PRI. Le PRD a ensuite découvert des dizaines de reçus montrant des achats massifs de ces cartes. Les reçus sont adressés à d'apparentes entreprises de façade, mais l'une des adresses correspond au bureau d'un ancien haut responsable du PRI.

«Le lien entre cet argent, les militants du PRI et Enrique Peña Nieto (...) devient un peu plus clairs au fil des jours», a déclaré M. Madero.

Le PRI nie toute malversation électorale.

Le PAN, dont la candidate est arrivé troisième à la présidentielle, a reconnu sa défaite et n'entend pas contester les résultats. Mais le PRD d'Andrés Manuel Lopez Obrador a porté plainte devant un tribunal électoral pour demander l'annulation du scrutin.

Le nouveau président mexicain doit entrer en fonction le 1er décembre.