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19/07/2012 10:35 EDT | Actualisé 18/09/2012 05:12 EDT

Des ouvriers indiens peuvent quitter Bahreïn après des années d'interdiction

Une centaine d'ouvriers indiens, bloqués depuis six ans à Bahreïn en raison d'une interdiction de voyage, ont été autorisés cette semaine à rentrer chez eux, a-t-on appris jeudi auprès de leur ambassade et du groupe Nass, leur ancien employeur bahreïni.

"Nass a accepté la demande de l'ambassade de lever l'interdicion de voyage qui frappe ces travailleurs", qui avaient fui leur employeur peu après leur arrivée en 2006 à Bahreïn, a déclaré à l'AFP un diplomate indien.

Ce dénouement a été annoncé en début de semaine par Avaaz.org, une ONG basée à New York, au terme d'une campagne qu'elle affirme avoir lancée fin juin après le suicide de Pasupathi Mariappan, l'un des Indiens bloqués à Bahreïn.

Selon l'ONG, les ouvriers avaient fui Nass, une entreprise de BTP, qui leur a proposé des salaires inférieurs à ceux convenus avant leur arrivée à Bahreïn.

Nass a décidé de "permettre à plus de 100 migrants indiens, bloqués, de quitter Bahreïn et de rentre chez eux", écrit Avaaz dans un communiqué.

La compagnie a en outre adopté "une nouvelle politique en vertu de laquelle les travailleurs (étrangers) ne seront plus soumis à une interdiction de voyage" ou "poursuivis en justice lorsqu'ils quittent leur travail avant la fin de leur contrat", a ajouté Avaaz.

Nass a précisé sur son site internet qu'elle "va retirer toutes les affaires en cours devant la justice au sujet des travailleurs ayant fui" la compagnie.

"Ceci permet aux ouvriers indiens concernés de quitter Bahreïn", selon l'ONG.

Mais la fin de leur calvaire reste tributaire de procédures devant les tribunaux bahreïnis pour lever tout obstacle judiciaire à leur départ, a indiqué le diplomate sans préciser la durée de ces procédures.

Bahreïn est pourtant la seule monarchie du Golfe ayant aboli le système de parrainage des expatriés, vivement critiqué par les organisations de défense des droits de l'Homme.

En vertu de ce système, dit "Kafala", les travailleurs étrangers doivent être parrainés par un employeur qui les garde ainsi à sa merci. Ils n'ont pas le droit notamment de changer d'emploi sans l'accord préalable de l'employeur ou de quitter le pays.

bur/tm/sb