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18/07/2012 09:58 EDT | Actualisé 17/09/2012 05:12 EDT

USS Cole: à Guantanamo, l'audience se tient à huis clos et sans l'accusé

L'audience du cerveau présumé de l'attentat contre le navire américain USS Cole a repris mercredi à Guantanamo à huis clos et en l'absence de l'accusé, une première devant la justice militaire sous l'administration Obama.

Avocats et procureurs devaient aborder avec le juge militaire la question sensible de la détention de l'accusé dans des prisons secrètes de la CIA et les possibles mauvais traitements qu'il aurait subis de 2002 à 2006 avant son transfert à Guantanamo.

Le Saoudien Abd al-Rahim al-Nachiri, 47 ans, ne peut pas assister à la session secrète en raison des informations confidentielles qui devraient être abordées, a annoncé mardi la procureur Joanna Baltes. Au grand dam d'un de ses avocats, Steve Reyes, qui a argué du "droit statutaire" de l'accusé "à être présent à toutes les sessions des tribunaux militaires".

"Je veux réduire le huis clos à un minimum de temps", a prévenu le juge militaire James Pohl, à l'audience de mardi.

Il a expliqué qu'au cours de cette session secrète, les deux parties devaient se pencher sur deux requêtes, encore sous scellé, déposées par la défense réclamant davantage d'informations sur les conditions d'arrestation et de détention du Saoudien.

Cette portion de l'audience devrait autant porter sur des prélèvements d'ADN ou d'empreintes digitales recueillis sur les lieux des attentats que sur les déclarations de l'accusation pendant sa détention, et déterminer ce qui doit rester confidentiel.

L'un des procureurs, Anthony Mattivi, a indiqué à l'audience de mardi que le gouvernement prévoyait d'utiliser certaines déclarations de M. Nachiri contre lui.

Mais le procureur en chef, le général Mark Martins, a répété à quelques journalistes que la loi sur les tribunaux militaires interdisait "d'utiliser des témoignages recueillis sous la contrainte".

Il a admis que c'était la "première session à huis clos" depuis son arrivée à ce poste, en 2011, et la reprise des tribunaux militaires sous l'administration Obama.

L'un des avocats de la défense, Richard Kammen a souligné de son côté que "c'était la première fois" qu'une audience se tenait sans l'accusé à sa connaissance. "C'est une situation vraiment sans précédent", a-t-il dit, qu'il n'a jamais rencontrée durant toute sa carrière, y compris devant la justice de droit commun où il a plaidé dans 35 affaires de peine de mort.

chv/lor