NOUVELLES
17/07/2012 11:13 EDT | Actualisé 16/09/2012 05:12 EDT

Venezuela: Chavez intimide et censure ses opposants (Human Rights Watch)

L'organisation Human Rights Watch (HRW) a estimé mardi que la concentration des pouvoirs dans les mains de l'exécutif au Venezuela et le manque de contrepoids politique ont permis au gouvernement d'Hugo Chavez d'intimider et de poursuivre en justice ses opposants.

"L'accumulation des pouvoirs dans les mains de l'exécutif, l'élimination des garanties institutionnelles et la détérioration des droits de l'homme ont laissé au gouvernement Chavez la voie libre pour intimider, censurer et poursuivre en justice les Vénézuéliens qui critiquent le président", souligne l'ONG américaine dans un rapport publié mardi.

Le document intitulé "Concentration et abus de pouvoir dans le Venezuela de Chavez" actualise un précédent rapport de 2008 dans lequel Human Rights Watch dénonçait déjà un "affaiblissement du système démocratique" dans le pays.

Depuis, "la situation des droits de l'homme au Venezuela est devenue encore plus précaire", poursuit l'organisation.

Celle-ci évoque des cas frappants comme la fermeture de Radio Caracas Television (RCTV), les enquêtes et amendes contre la chaîne privée Globovision, la détention de la juge Maria Lourdes Afiuni depuis 2009 pour avoir autorisé la liberté conditionnelle à un banquier accusé de corruption, ou encore la condamnation à la prison du chef de l'opposition Oswaldo Alvarez Paz pour avoir dénoncé les activités des narcotrafiquants.

"Ces affaires ont eu un impact (...) et ont envoyé un message clair: le président et ses partisans sont disposés à punir tous ceux qui viendront les défier ou entraver leurs ambitions politiques", constate HRW.

Le rapport souligne également "les mesures drastiques" prises par le président Hugo Chavez, qui vise un nouveau mandat lors des élections d'octobre, pour "conserver un contrôle politique" sur le pouvoir judiciaire, comme la désignation de juges ayant "exprimé publiquement leur engagement dans le gouvernement".

Au pouvoir depuis 1999, le gouvernement Chavez rejette régulièrement les rapports de Human Rights Watch, accusant l'ONG d'ingérence dans les affaires intérieures du pays.

du/sam/emp