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16/07/2012 06:40 EDT | Actualisé 15/09/2012 05:12 EDT

Enquête en Mauritanie sur la mort d'un mineur tué par les forces de l'ordre

Une enquête officielle a été ouverte pour déterminer les causes du décès d'un ouvrier d'une mine de cuivre d'Akjoujt en Mauritanie, lors de la dispersion dimanche d'un sit-in de travailleurs en grève par les forces de l'ordre, a appris lundi l'AFP de source administrative.

"Le procureur va diligenter une enquête sur les causes de la mort, nous avons donné ordre de libérer toutes les personnes interpellées en signe d'apaisement", a déclaré le gouverneur) d'Akjoujt, à 250 km au nord de Nouakchott.

La dépouille du mineur tué a été transférée dans la nuit de dimanche à lundi à Nouakchott pour une autopsie qui "n'a rien montré" sur les causes du décès, a affirmé le procureur de la capitale mauritanienne, se disant disposé à autoriser "une contre-autopsie" si la famille du mineur tué le souhaite.

Sa mort, lors de la dispersion d'un sit-in au cours de laquelle plusieurs autres mineurs ont été blessés, a créé un climat de tension dans la ville d'Akjoujt où deux ministres sont venus dimanche "apporter les condoléances du président" mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz à la famille du mineur décédé.

Ils ont également rencontré une délégation de grévistes. "Nous avons posé aux ministres nos conditions, la balle est dans leur camp", a déclaré à la presse un syndicaliste, Ould Levrak. "Une enquête indépendante est nécessaire", a-t-il affirmé, en précisant que la grève se poursuivait.

Les mineurs réclament des augmentations de salaires, des logements et la prise en charge de l'eau et de l'électricité.

Quatre centrales syndicales ont annoncé leur volonté de continuer leur mouvement en promettant des actions allant "crescendo dans les prochains jours" à la société Mines de cuivre de Mauritanie (MCM), propriétaire de la mine d'Akjoujt.

La MCM, est une filiale à 80% de la société canadienne First Quantum Mineral, qui emploie plus de 1.500 travailleurs en Mauritanie. Selon les statistiques, elle produit annuellement près de 40.000 tonnes de cuivre brut.

Dans différents communiqués, l'opposition a unanimement condamné "la répression aveugle responsable de la mort" du mineur et en a profité pour réclamer à nouveau le départ du pouvoir de M. Ould Abdel Aziz.

Le parti du président, l'Union pour la République (UPR), a lui dénoncé la "politisation des syndicats" et exprimé ses regrets pour la mort du mineur.

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