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22/06/2012 04:59 EDT | Actualisé 22/08/2012 05:12 EDT

Washington enquête sur un élu égyptien islamiste entré sur son territoire

Les Etats-Unis enquêtent sur la venue cette semaine à Washington d'un élu égyptien appartenant à un mouvement qui figure sur la liste noire anti-terroriste américaine, a-t-on appris vendredi au département d'Etat.

Hani Nour El-Dine, membre du groupe salafiste égyptien Gamaa Islamiya, a pu rencontrer de hauts responsables américains alors qu'il faisait partie d'une délégation égyptienne.

"Nous nous penchons sur les circonstances de ce cas particulier", a indiqué la porte-parole du département d'Etat, Victoria Nuland. "Quiconque obtient un visa passe à travers toute une série de vérifications. Cependant, ces vérifications dépendent de l'honnêteté des informations qui sont à notre disposition au moment où l'on examine" un dossier, a-t-elle ajouté.

La Gamaa Islamiya a participé, en 1981, à l'attentat qui a coûté la vie au président Anouar el-Sadate, aux côtés des militants du Jihad islamique égyptien.

Cette organisation figurant sur la liste anti-terroriste de plusieurs pays occidentaux a aussi revendiqué le massacre de Louxor, qui a tué 62 personnes en 1997, en grande partie des touristes.

Son chef spirituel, le cheikh Omar Abdel Rahman, a écopé de la prison à vie pour son implication dans un attentat à New York en 1993.

Tout membre d'une organisation terroriste figurant sur la liste de Washington est interdit de territoire aux Etats-Unis et est susceptible d'être expulsé en cas de découverte par les autorités.

Mme Nuland a confirmé que l'élu égyptien faisait partie d'une délégation qui s'est rendue au département d'Etat, pour y rencontrer notamment le secrétaire d'Etat adjoint William Burns.

Hani Nour El-Dine a indiqué au magazine Newsweek qu'il avait accepté le visa américain en qualité d'élu de son pays "représentant un parti politique qui a des élus et est un parti légitime".

"Je n'ai été personnellement impliqué dans aucune action violente ou de terrorisme contre les Etats-Unis ou tout autre pays", s'est-il défendu.

"Les années que j'ai passées en prison étaient sous le régime de Moubarak, à cause de motifs politiques qui n'avaient aucune base judiciaire", a-t-il ajouté.

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