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22/06/2012 06:32 EDT | Actualisé 22/08/2012 05:12 EDT

Plus d'un 1,5 million de personnes ont besoin d'aide humanitaire en Syrie (ONU)

Plus de 1,5 million de personnes ont désormais besoin d'aide humanitaire en Syrie, contre une estimation précédente de 1 million, a indiqué vendredi le Bureau de coordination des Affaires humanitaires de l'ONU (OCHA).

"La situation humanitaire continue de se détériorer", souligne l'organisation dans un document transmis aux médias.

"Il est maintenant estimé que plus de 1,5 million de personnes ont besoin d'aide humanitaire", poursuit OCHA.

Sur ces personnes, quelque 350.000 se trouvent dans la région d'Idlib, soit 150.000 de plus qu'à fin mars. Près de 250.000 autres personnes ont également besoin d'aide dans la région de Homs.

OCHA explique par ailleurs que les agences humanitaires continuent de faire face à "des contraintes d'accès importantes" pour atteindre les gens dans le besoin.

Le 5 juin, l'organisation a pourtant annoncé que la Syrie autorise l'accès humanitaire de l'ONU et d'ONGs sur 4 sites (Homs, Idlib, Daraa et Deir Ezzor).

Depuis, des missions de reconnaissance pour la mise en place de cette présence humanitaire ont été déployées, a indiqué un porte-parole de l'Ocha, Jens Laerke, lors d'un point presse.

Sur la base de ces missions, l'ONU prévoit d'établir pour l'instant deux plateformes logistiques, à Homs et Deir Ezzor.

"Mais en raison de la détérioration de la situation de sécurité, le déploiement du personnel sur le terrain est suspendu", indique OCHA dans son bulletin.

Dans l'attente, les agences de l'ONU tentent de continuer à distribuer de l'aide à travers leurs partenaires locaux, dont le Croissant-Rouge arabe syrien.

Dans son bulletin, OCHA souligne qu'une pause humanitaire, telle que demandée par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), permettrait aux civils de fuir les affrontements et de distribuer l'aide à ceux qui en ont besoin.

Depuis jeudi, le CICR et le Croissant-Rouge arabe syrien tentent de rentrer dans la vieille ville de Homs pour évacuer les malades et blessés. Le CICR estime que des centaines de personnes sont ainsi pris au piège des violences à Homs.

Depuis 15 mois, les violences ont fait au moins 15.026 morts, en majorité des civils, selon un nouveau bilan publié par l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) qui s'appuie sur les témoignages de militants sur place.

Ces dernières semaines, l'OSDH a recensé plusieurs dizaines de victimes par jour, dont jeudi encore 104 civils, 54 soldats et dix combattants rebelles.

Plusieurs villes de la province de Homs, où des rebelles sont retranchés, ont de nouveau été la cible de bombardements intenses et sont assiégées par l'armée, tandis que des combats y opposent soldats et déserteurs.

Selon le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR), un peu plus de 86.000 réfugiés ayant fui la Syrie sont enregistrés en Irak, Jordanie, Liban et Turquie, soit 19.000 de plus qu'à la fin mai.

Etant donné que le nombre de réfugiés ne cesse de progresser, le HCR, qui coordonne la révision du plan de réponse régional pour les réfugiés, a décidé de prolonger ce programme jusqu'à fin 2012 et présentera une révision de cet instrument le 28 juin.

A Genève, l'émissaire de l'ONU pour la Syrie, Kofi Annan, et le chef de la mission des observateurs de l'ONU en Syrie, Robert Mood, doivent rencontrer les médias vendredi à l'ONU, à 14H00 GMT.

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