NOUVELLES
22/06/2012 04:30 EDT | Actualisé 22/08/2012 05:12 EDT

Obama attaque Romney devant des Hispaniques acquis à sa cause

Barack Obama a attaqué vendredi, lors d'un important rassemblement d'élus hispaniques, les positions sur l'immigration de son rival républicain Mitt Romney, moins populaire auprès de cet électorat capital pour la présidentielle américaine de novembre.

Devant le congrès annuel de l'Association nationale des élus et responsables hispaniques (Naleo) réunie en Floride (sud-est), M. Obama a mis la faute sur le Congrès dominé par les républicains s'il n'a pas été en mesure de faire adopter sa réforme de l'immigration, promise en 2008, et qui prévoyait de s'attaquer au problème des 11,5 millions d'immigrés sans papiers dans le pays.

Le président a également brocardé son adversaire à la présidentielle du 6 novembre pour avoir promis d'opposer son veto à la loi dite du "DREAM Act" s'il devait faire son entrée à la Maison Blanche.

Ce texte, bloqué par les républicains du Congrès, prévoit la fin des expulsions pour les mineurs arrivés sur le territoire américain avant l'âge de 16 ans, qui sont actuellement âgés de moins de 30 ans, scolarisés ou ayant obtenu leur baccalauréat et n'ayant aucun antécédent judiciaire.

"Mitt Romney a promis d'opposer son veto au DREAM Act, nous devrions le prendre au mot (...) Je crois que ce serait une erreur tragique, et vous aussi", a lancé M. Obama devant un parterre acquis à sa cause et redoublant d'applaudissements. "Je refuse de continuer à regarder dans les yeux de jeunes gens et de leur dire +dommage pour vous, mais la politique, c'est trop compliqué+", a-t-il insisté.

M. Obama a annoncé la semaine passée un décret visant à suspendre durant deux ans les expulsions des jeunes étudiants qui auraient bénéficié du DREAM Act, afin de contourner le blocage du Congrès.

La veille, M. Romney, qui s'adressait aussi à ce congrès, avait refusé de préciser si, étant élu, il annulerait le décret pris par le chef de l'Etat.

Il était également resté vague sur le sort des immigrés sans papiers, se concentrant sur ses attaques contre M. Obama qui selon lui "n'a pas rempli toutes ses promesses" en quatre ans. "Le président va certainement vous dire que (...) les choses pourraient être pires", avait martelé M. Romney, rappelant que le chômage chez les Hispaniques était de 11%, soit bien au-dessus de la moyenne nationale de 8%.

M. Obama est arrivé vendredi au congrès davantage en terrain conquis que son adversaire. La dernière fois qu'il avait assisté à ce rassemblement c'était il y a quatre ans, en tant que candidat pour la première fois à la Maison Blanche. Il avait ensuite été élu avec 67% du vote hispanique, la plus importante minorité du pays qui représente 7,4% de l'électorat.

S'il était venu aux congrès de la Naleo les années précédentes, M. Obama se serait fait quelque peu huer pour "l'intensité et la sévérité des expulsions", a toutefois indiqué à l'AFP Pilar Marrero, experte des questions d'immigration. Près d'un million d'expulsions ont eu lieu sous son mandat, visant en majorité des latino-américains.

Mais pour Matt Barreto, professeur de sciences politiques à l'université de Washington, le décret sur le DREAM Act "semble avoir mis un terme au manque d'enthousiasme des Hispaniques" à son égard.

Selon un sondage paru vendredi, M. Obama recueillerait 63% du vote hispanique dans cinq Etats clés contre 37% pour M. Romney.

pb-col/sam/bar