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22/06/2012 05:04 EDT | Actualisé 22/08/2012 05:12 EDT

L'Iran doit être impliqué dans la solution de la crise syrienne, dit Kofi Annan

GENÈVE - L'émissaire spécial de l'ONU et de la Ligue arabe en Syrie, Kofi Annan, a déclaré vendredi que l'Iran devrait être impliqué dans les efforts visant à mettre un terme à la crise syrienne, qui a fait des milliers de morts et de déplacés depuis mars 2011.

Sur le terrain, des milliers de personnes ont de nouveau manifesté contre le régime vendredi dans plusieurs régions du pays, ont rapporté des militants. Des manifestations ont notamment eu lieu à Daraa, à Alep, dans la région d'Hassakeh (nord-est) ainsi qu'à Damas, la capitale.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, une organisation de l'opposition établie à Londres, les troupes gouvernementales ont ouvert le feu sur les manifestants à Alep et dans le quartier Mazzeh à Damas. Il y aurait eu plusieurs victimes, mais l'Observatoire n'était pas en mesure de donner un bilan précis.

En Suisse, l'émissaire Kofi Annan a déclaré lors d'une conférence de presse qu'il travaillait à organiser une réunion du «groupe de contact» sur la Syrie à Genève le 30 juin. Les États-Unis s'opposent farouchement à une éventuelle participation de l'Iran, demandée par la Russie. M. Annan a indiqué que la sélection des participants à la rencontre était un point de friction qui pourrait ne pas être résolu avant la semaine prochaine.

«J'ai dit clairement que je pense que l'Iran devrait faire partie de la solution», a déclaré l'ancien secrétaire général de l'ONU devant les journalistes à Genève, accompagné du chef de la mission d'observation en Syrie, le major-général Robert Mood.

«Si nous poursuivons dans la même voie et que nous nous faisons la compétition entre nous, cela pourrait mener à une rivalité destructrice et tout le monde en paiera le prix», a averti Kofi Annan.

«Il est temps que les pays influents augmentent la pression sur les parties du conflit», ajouté M. Annan. «Plus nous attendons et plus l'avenir s'assombrit en Syrie. La situation humanitaire continue de se détériorer. (...) Nous ne pouvons pas nous contenter de nous retirer et de ne rien faire.»

Le major-général Mood a salué le travail des 300 observateurs de l'ONU déployés en Syrie, dont le mandat expire en juillet. Mais il a admis que les observateurs étaient maintenant confinés à des tâches bureaucratiques et qu'ils devaient contacter les Syriens par téléphone à cause des dangers et de l'insécurité sur le terrain. «Ils veulent reprendre leur travail. Leur engagement envers le peuple syrien n'a pas faibli», a-t-il assuré.

Selon les militants de l'opposition, plus de 14 000 personnes ont été tuées en Syrie depuis le début du soulèvement, en mars 2011.

Des responsables de l'ONU ont annoncé vendredi que l'accord conclu avec les autorités syriennes pour permettre aux travailleurs humanitaires de distribuer de l'aide dans quatre des provinces les plus touchées par les violences avait été repoussé à cause des affrontements persistants dans ces régions. Seules des missions de reconnaissance pour préparer le terrain ont été menées jusqu'à maintenant, selon des responsables de l'aide humanitaire à l'ONU.