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22/06/2012 02:38 EDT | Actualisé 22/08/2012 05:12 EDT

Les pourparlers intersoudanais ont repris, toujours pas d'avancée (délégations)

Les pourparlers directs entre le Soudan et le Soudan du Sud ont repris vendredi à Addis Abeba, sans réelles avancées sur la délimitation d'une zone tampon démilitarisée le long de leur frontière contestée, ont indiqué les deux délégations.

La précédente série de discussions directes (30 mai-8 juin) - les premières depuis que les tensions accumulées après la sécession du Soudan en juillet 2011 avaient dégénéré en combats frontaliers meurtriers entre fin mars et début mai - s'était terminée sans accord sur cette zone jugée cruciale.

"Nous n'avons fait aucun progrès sur la question de l'étendue géographique de la zone frontalière de sécurité démilitarisée", a déclaré vendredi à la presse le ministre des Affaires étrangères Nhial Deng Nhial, après la reprise des discussions, se disant "prudemment optimiste" quant à un résultat.

Un porte-parole de la délégation de Khartoum, Omer Dahab, a estimé que la création de cette zone démilitarisée était cruciale pour faire progresser les négociations.

"Nous allons continuer à discuter de cette question réellement épineuse qui nécessitera que tous les efforts soient mis en oeuvre pour combler les divergences", a-t-il déclaré, ajoutant que les discussions se poursuivraient samedi.

Les négociations, placées sous l'égide de l'Union africaine (UA), visent à régler les différends qui opposent les deux pays depuis la partition du Soudan et l'indépendance du Soudan du Sud, en particulier le tracé de la frontière commune, le partage des ressources pétrolières ou le statut des zones contestées comme celle d'Abyei.

Le Soudan et le Soudan du Sud s'accusent aussi mutuellement d'alimenter une rébellion chacun sur le sol de l'autre.

Le Conseil de sécurité a adopté le 2 mai à l'unanimité une résolution donnant aux deux pays trois mois pour mettre un terme à leurs dissensions, sous peine de sanctions.

Jeudi, les délégations de Khartoum et Juba avaient tenu des discussions séparées dans la capitale éthiopienne, sur fonds de nouvelles attaques dans l'Etat soudanais frontalier et pétrolier du Kordofan-Sud.

La délégation soudanaise a attribué l'attaque au Mouvement pour la Justice et l'Egalité (JEM), une rébellion du Darfour (ouest du Soudan), que Khartoum accuse d'être allié avec le Soudan du Sud, ce que Juba dément.

M. Dahab a estimé qu'elle soulignait la nécessité d'un accord de cessation des hostilités entre les deux voisins. "Nous considérons cela comme un problème majeur pour lequel nous devons faire quelque chose", a-t-il expliqué.

Côté sud-soudanais, M. Nhial a estimé que les événements de la veille n'avaient pas affecté les discussions. "En ce qui nous concerne, cela n'a rien à voir avec nos discussions et l'autre partie ne semble même plus soulever" ces questions, a-t-il souligné.

Les deux pays sont confrontés à une situation économique très difficile.

Le Soudan du Sud, qui a récupéré en devenant indépendant 75% de la production du Soudan d'avant partition, a stoppé sa production en janvier, se privant de 98% de ses recettes, en raison d'un différend avec le Soudan, dont les oléoducs lui sont indispensables pour exporter son brut.

Khartoum a été cette semaine le théâtre de manifestations d'étudiants protestant contre des mesures d'austérité.

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