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22/06/2012 05:19 EDT | Actualisé 22/08/2012 05:12 EDT

Le Sommet Rio+20 se termine avec de bonnes intentions, mais peu d'engagements

OTTAWA - Le Sommet Rio+20 sur le développement durable s'est terminé vendredi à Rio de Janeiro sur une note discordante, certains observateurs dénonçant le manque d'engagements fermes de la part des pays participants et d'autres soutenant que la signature d'un accord commun était déjà une victoire.

Baptisé en l'honneur du 20e anniversaire du Sommet de la Terre, qui avait été l'occasion en 1992 d'établir les bases d'un effort mondial pour protéger l'environnement, l'événement tenu dans la capitale brésilienne a produit une entente remplie de bonnes intentions, mais contenant très peu d'engagements fermes et n'imposant ni échéanciers, ni objectifs chiffrés.

Le texte est le résultat de mois de négociations entre les représentants des 130 pays présents au sommet et certains ont assuré que le fait que tous les participants l'aient ratifié était déjà une réussite en soi.

Mais quelques délégations et la majorité des groupes environnementaux ont dit être déçus du résultat, surtout que l'événement devait au départ compenser le fait que la plupart des engagements pris il y a 20 ans n'avaient pas été tenus.

En dépit des critiques, les leaders ont choisi de ne pas retoucher à l'entente.

En conférence de presse quelques heures avant la fin du sommet, le ministre fédéral de l'Environnement, Peter Kent, a déclaré que le Canada était très satisfait de l'accord puisque l'absence de dates et de nombres n'obligeait pas les signataires à respecter des promesses irréalistes et inappropriées.

«Cela nous pousse, selon moi, vers l'avant, mais [l'entente] ne possède pas des aspects instantanés» qui viendraient dédoubler des procédures existantes, ou forcer des pays à adopter par inadvertance des politiques nuisibles.

«La satisfaction du Canada par rapport à cette entente est proportionnelle à celle concernant le contenu qui ne s'y trouve pas», a dit M. Kent, ajoutant qu'il était «très content, très satisfait» du résultat.

Quant à la porte-parole du Nouveau Parti démocratique en matière d'environnement Anne Minh-Thu Quach, elle a déploré que les participants à la conférence n'«aient annoncé ni nouveaux argents, ni nouvelles promesses».

«Ce sont encore des mots vides de sens. Cela fait pitié, et c'est honteux.»

De son côté, la secrétaire d'État américaine, Hillary Clinton, a affirmé que l'aspect le plus réjouissant de la rencontre était l'avènement de nouvelles façons de penser qui pousseraient les pays à agir.

«Nous serons jugés à notre capacité de produire des résultats.»

Si le sommet de 1992 avait suscité l'espoir d'une réévaluation des politiques gouvernementales, celui de 2012 s'est conclu dans la frustration généralisée.

«Nous ne pouvons plus présumer que nos actions collectives ne nous ferons pas franchir de point limite, alors que nous franchissons des seuils environnementaux et risquons des dommages irréversibles aux écosystèmes et aux communautés humaines», a déclaré le Norvégien Gro Harlem Brundtland, l'ancien président de la commission onusienne qui a développé le concept de développement durable il y a 25 ans.

Certains participants ont toutefois estimé que le bilan de Rio+20 n'était pas entièrement négatif: le groupe de lutte contre la pauvreté ONE, fondé par le chanteur de U2, Bono, a souligné que des groupes environnementaux, des entreprises et des gouvernements avaient profité du sommet pour prendre des centaines d'engagements individuels afin d'atteindre des objectifs de développement durable.

Les gouvernements se sont également entendus sur l'aspect crucial de l'accès à l'énergie pour le développement, l'inclusion sociale et l'égalité des sexes.