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22/06/2012 05:59 EDT | Actualisé 22/08/2012 05:12 EDT

L'armée bombarde les fiefs rebelles, 1,5 million de Syriens manquent d'aide

L'armée syrienne a repris vendredi ses bombardements des bastions rebelles au lendemain d'une journée de violences particulièrement sanglante dans le pays, où 1,5 million de personnes ont besoin d'aide selon l'ONU.

Dans le même temps, des manifestations sont prévues à la sortie des mosquées après la prière hebdomadaire de midi pour réclamer une nouvelle fois la chute du régime de Bachar al-Assad qui poursuit sa guerre sans merci contre la contestation pacifique et la rébellion assimilée à du "terrorisme".

Face à une situation qui se dégrade au fil des jours, l'émissaire international Kofi Annan et le chef de la mission des observateurs de l'ONU en Syrie, Robert Mood, tiendront une conférence de presse dans l'après-midi à Genève sur l'avenir de cette mission dont le mandat expire le 20 juillet.

La trêve proclamée le 12 avril en vertu du plan de sortie de crise de M. Annan est de plus en plus caduque avec la multiplication des opérations militaires et des combats entre armée et insurgés, au prix de dizaines de morts en majorité des civils chaque jour.

Les violences ont fauché la vie à plus de 250 personnes ces deux derniers jours, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Jeudi a été "la journée la plus sanglante depuis l'instauration du cessez-le-feu, et l'une des plus sanglantes depuis le début de la révolte" le 15 mars 2011, selon Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH.

Et selon cette ONG, plus de 15.000 personnes, en majorité des civils, ont péri en plus de 15 mois de révolte dans le pays où rien n'augure d'un arrêt rapide des violences, en raison des positions tant éloignées des protagonistes et des divisions de la communauté internationale.

L'escalade, notamment à Homs, a fait échouer jeudi deux tentatives du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et du Croissant rouge syrien pour évacuer des blessés et des civils de cette troisième ville de Syrie de nouveau pilonnée et théâtre de combats entre soldats et rebelles.

"Le CICR ne peut pas confirmer la date du retour de son équipe a Homs", rentrée la vieille à Damas, a affirmé à l'AFP Rabab al-Rifaï, porte-parole de l'organisation à Damas. Le Croissant rouge est en revanche toujours sur place pour tenter d'entrer dans les quartiers sensibles.

Selon Abou Bilal, militant sur place, "70% de l'infrastructure de Homs a été détruite". La ville est presque vidée de ses habitants et "le reste des résidents essayent de s'enfuir", a-t-il dit.

Les bombardements de l'armée faisaient également des ravages dans d'autres régions du pays, notamment à al-Karak al-Charqui, à Deraa (sud), où une femme a péri, poussant un grand nombre de familles à se réfugier dans les régions voisines. Des secteurs rebelles à Idleb (nord-ouest) étaient également pilonnés, l'armée tentant en vain de reprendre le contrôle, selon l'OSDH.

Dans la région d'Alep (nord), deux membres des forces de sécurité ont été tués et quatre blessés dans une attaque rebelle, a ajouté l'ONG.

Dans ce contexte, le Bureau de coordination des Affaires humanitaires de l'ONU (OCHA), a annoncé que plus de 1,5 million de personnes ont désormais besoin d'aide humanitaire en Syrie. "La situation humanitaire continue de se détériorer".

Malgré la répression et le déploiement massif de troupes gouvernementales, des manifestations sont prévues à travers le pays comme tous les vendredis depuis le début de la contestation, à l'appel des militants anti-régime.

"Si les dirigeants sont indifférents, où sont les peuples?" est le slogan pour ce jour des militants qui demandent aux nations de se mobiliser en soutien au peuple syrien et contre le régime.

Occidentaux et Russes sont à couteaux tirés sur le dossier syrien, les premiers réclamant un départ de M. Assad et des sanctions à l'ONU pour le forcer à appliquer le plan Annan et les deuxièmes, alliés du régime, rejettent toute ingérence étrangère dans ce pays.

Moscou a même défendu son droit de livrer des armes à Damas. Le président russe Vladimir Poutine se rend la semaine prochaine en Israël et en Jordanie pour défendre sa position sur les crises dans la région, essentiellement syrienne.

Après la première défection jeudi d'un pilote de chasse syrien qui a atterri aux commandes de son MiG-21 en Jordanie où il a obtenu l'asile politique, les Etats-Unis ont espéré de nouvelles désertions du genre, leur ambassadeur à Damas appelant les soldats à ne plus soutenir le régime Assad.

bur-ram/tp