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22/06/2012 12:18 EDT | Actualisé 22/08/2012 05:12 EDT

Égypte: le candidat des Frères musulmans exige la publication des résultats

LE CAIRE, Égypte - Alors que des dizaines de milliers de manifestants étaient réunis vendredi au Caire et dans d'autres villes d'Égypte, le candidat des Frères musulmans a appelé les autorités à publier le plus rapidement possible les résultats du deuxième tour de l'élection présidentielle, mettant en garde contre toute manipulation de la «volonté populaire».

Quelques heures plus tôt, les militaires au pouvoir ont accusé les Frères musulmans d'alimenter les tensions dans le pays en annonçant la victoire de leur candidat, Mohammed Morsi, aussitôt après la fin du deuxième tour plutôt que d'attendre l'annonce officielle des résultats.

Selon son équipe de campagne, Mohammed Morsi a remporté le scrutin avec 52 pour cent des suffrages, devançant Ahmed Shafiq, ancien premier ministre de l'ex-président Hosni Moubarak. Le camp de M. Shafiq, considéré par ses détracteurs comme le candidat de l'armée, conteste ces chiffres et affirme qu'il est le «prochain président».

Cet échange public d'accusations entre les islamistes et le conseil militaire survient alors que les Égyptiens attendent impatiemment la publication des résultats du second tour des 16 et 17 juin.

La proclamation officielle des résultats, qui devait initialement avoir lieu jeudi, a été reportée à une date non précisée. Ce report a suscité des accusations de fraude et de manipulation visant tous les camps.

Lors d'une conférence de presse avec des personnalités publiques et des représentants des groupes de jeunes, Mohammed Morsi a déclaré qu'un front uni était en train de se former contre les récentes décisions prises par le conseil militaire.

«Nous sommes tous en faveur de l'annonce des résultats et nous nous attendons à ce que la commission électorale annonce ces résultats le plus tôt possible et sans délai», a dit M. Morsi. «Les résultats attendus sont connus de tous. Nous n'accepterons aucune manipulation.»

Plus tôt, le conseil militaire a blâmé les Frères musulmans pour les tensions post-électorales.

«Annoncer les résultats de l'élection présidentielle avant la proclamation officielle est illégitime et constitue l'une des principales sources de division et de confusion sur la scène politique», ont affirmé les militaires dans une déclaration lue à la télévision nationale, sans mentionner spécifiquement les Frères musulmans.

Les militaires, qui ont promis de remettre le pouvoirs aux civils d'ici le 1er juillet, ont aussi défendu leur récente «déclaration constitutionnelle» qui donne des pouvoirs élargis aux généraux, notamment les pouvoirs législatifs et le contrôle sur le budget national. Cette déclaration a été condamnée par la communauté internationale et soulève des doutes sur la volonté réelle des militaires de transférer le pouvoir à une autorité civile élue.

Le Parlement élu démocratiquement, dominé par les islamistes, a également été dissous sur ordre de la Cour constitutionnelle, tandis qu'une décision du gouvernement permet à la police militaire et aux agents du renseignement d'arrêter des civils pour toute une série d'infractions, notamment l'obstruction de la circulation.

La déclaration constitutionnelle était «une nécessité» en cette «période critique», affirme le communiqué des militaires. «Toutes les décisions prises (par le conseil militaire) sont guidées par les seuls intérêts nationaux et aucun autre.»

Le conseil militaire a aussi refusé de réinstaller le Parlement, affirmant que les décisions des tribunaux devaient être respectées. Les militaires ont averti que toute tentative «de nuire aux intérêts publics et privés» susciterait une réponse «ferme», suggérant qu'ils ne toléreraient pas les manifestations violentes.

Des dizaines de milliers de personnes étaient réunies vendredi sur l'emblématique place Tahrir du Caire, berceau du soulèvement contre le régime de l'ancien président Hosni Moubarak, pour le quatrième jour de suite.

La plupart des manifestants étaient des membres et des partisans des Frères musulmans. Il y avait aussi quelques groupes de jeunes révolutionnaires qui dénoncent depuis longtemps les généraux en les accusant de mal gérer la transition.

Des manifestations similaires ont aussi eu lieu à Alexandrie, la deuxième ville du pays, et dans d'autres villes.

Les autorités égyptiennes n'ont pas dit à quel moment les résultats de la présidentielle seront annoncés.