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22/06/2012 01:58 EDT | Actualisé 22/08/2012 05:12 EDT

France: un responsable irakien relâché après quelques heures de garde à vue

Un responsable irakien placé en garde à vue à Paris jeudi après avoir été accusé par un opposant iranien de tortures a été relâché après quelques heures de garde à vue, a-t-on appris vendredi de sources judicaire et proche de l'enquête.

Sadeq Kazem avait été interpellé alors qu'il était de passage en France dans le cadre d'un déplacement en Europe d'une délégation gouvernementale irakienne. Il a été relâché jeudi après quelques heures de garde à vue, selon ces sources.

Le ministère irakien des Affaires étrangères a annoncé la remise en liberté de Sadeq Kazen, dans un communiqué publié sur son site internet, ajoutant que "la police française s'est excusée pour avoir détenu et importuné M. Kazen et la délégation irakienne".

Ce responsable, qui dirige aujourd'hui le camp Liberty proche de Bagdad où vivent des réfugiés des Moudjahidine du peuple, avait été placé en garde à vue après une plainte d'un Iranien affirmant avoir été torturé sous ses ordres fin juillet 2009.

L'opposant iranien avait déposé sa plainte mercredi à Paris pour tortures et crimes de guerre, donnant lieu à l'ouverture d'une enquête préliminaire.

Il assure avoir été pris en otage avec 35 autres résidents lors de l'attaque du camp d'Ashraf par les forces irakiennes les 28 et 29 juillet 2009 et détenu pendant 72 jours, selon sa plainte déposée mercredi et consultée par l'AFP.

Il y fait notamment état de coups, de défaut de soins.

La justice française est compétente pour poursuivre les personnes qui seraient coupables de tortures à l'étranger, en application de la Convention contre la torture adoptée à New York en décembre 1984.

L'Irak avait prévu de fermer fin 2011 le camp d'Ashraf situé à 80 km au nord-est de la capitale près de la frontière avec l'Iran, où l'ancien président Saddam Hussein avait installé l'Organisation des Moudjahidine du peuple iranien (OMPI), dont les membres avaient servi de supplétifs durant sa guerre avec l'Iran (1980-1988).

Le transfert des quelque 3.400 personnes du camp d'Achraf vers le camp Liberty, commencé en février et achevé aux deux tiers, est interrompu depuis le 5 mai.

L'OMPI a été fondée dans les années 60 pour combattre le Chah d'Iran, puis peu après la Révolution islamique de 1979, elle avait tourné ses armes contre les nouveaux dirigeants. Elle a annoncé en 2001 avoir renoncé à la violence.

Cette organisation figure depuis 1997 sur la liste des organisations terroristes établie par les Etats-Unis, en dépit des tentatives répétées de ce groupe d'obtenir sa radiation.

A deux reprises, le gouvernement irakien a mené des raids meurtriers contre ce site, en juillet 2009 puis en avril 2011 quand au moins 36 personnes avaient été tuées.

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