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22/06/2012 07:39 EDT | Actualisé 22/08/2012 05:12 EDT

Euro-2012 - Portugal: Pas seulement Cristiano Ronaldo

Si Cristiano Ronaldo se taille la part du lion dans la qualification pour les demi-finales de l'Euro-2012, le Portugal possède aussi un collectif assez solide et d'autres individualités pour rêver d'un premier titre international.

"Non, notre stratégie n'est pas seulement de donner la balle à Ronaldo, explique le milieu Miguel Veloso. C'est le meilleur joueur du monde, mais il n'y a pas que lui dans l'équipe, derrière il y a dix joueurs."

Même Michal Bilek, le sélectionneur tchèque, qui a reconnu la supériorité de son adversaire après le quart de finale de Varsovie (1-0), jeudi, rendait hommage à "Nani, Coentrao, Ronaldo, Pepe, d'excellents joueurs dans d'excellents clubs (Manchester United pour le premier, Real Madrid pour les suivants)".

Evidemment Ronaldo sublime le Portugal, il est de la trempe de ces leaders qui conduisent une équipe au titre, comme Michel Platini (Euro-1984) ou Diego Maradona (Mondial-1986). Un à un ses coéquipiers le bombardent du titre de "meilleur joueur du monde", devant son grand rival du FC Barcelone Lionel Messi.

Dans la course au Ballon d'Or, Ronaldo a pris de l'avance en remportant le championnat d'Espagne, mais l'Argentin n'est pas près de disputer un Euro pour lutter sur la même scène...

Ronaldo lui-même souligne l'importance du collectif. "Mon objectif n'est pas de terminer meilleur buteur du tournoi, dit-il, mais d'aller le plus loin possible avec l'équipe".

"Ce qui compte, c'est que l'équipe joue bien et continue d'avancer", ajoute le capitaine.

La "+Selecçao+ joue comme un ensemble, avec intelligence et avec courage", estime le journal Publico, qui salue le travail de l'entraîneur Paulo Bento.

En effet le jeu du Portugal est en constants progrès depuis le début du tournoi. Il manque certes un grand N.9, mais Helder Postiga ou Hugo Almeida, qui l'a remplacé après sa blessure, jouent un rôle intéressant de point de fixation. Le travail de l'avant-centre dans le 4-3-3 de Paolo Bento permet d'exploiter au mieux les permutations de Ronaldo et Nani sur les côtés, qui ont beaucoup perturbé la défense tchèque.

Le milieu de terrain à trois est plus travailleur que génial, mais Joao Moutinho a réussi un superbe centre décisif contre les Tchèques, pour le but de Ronaldo. Miguel Veloso travaille bien, et si Raul Meireles est loin de montrer la même hargne à récupérer les balles qu'en fin de saison avec Chelsea, c'est peut-être qu'il en a gardé sous le pied...

"L'équipe du Portugal est la plus forte parmi celles que nous avons rencontrées à ce tournoi, résume le défenseur tchèque David Limbersky, qui a souffert contre Ronaldo et Nani.

Reste un point d'interrogation tout de même sur la valeur de la défense. Elle n'a pas brillé contre le Danemark, concédant deux buts (3-2), où la charnière Pepe-Bruno Alves a semblé lourde. La relance n'est pas non plus le point fort de l'axe central.

Le carré défensif n'a guère été testé par les Pays-Bas (2-1) plus d'un quart d'heure. Après avoir ouvert le score, les "Oranje" se sont pelées toutes seules et n'ont plus pesé, abusant de frappes mal ajustées qui n'ont pas permis de se faire un idée du niveau du gardien portugais.

Quant aux Tchèques, ils n'ont pas sali la tenue de Rui Patricio: aucun tir cadré en 90 minutes.

Contre l'Espagne ou la France, l'arrière-garde portugaise devra soutenir les charges du capitaine Ronaldo. Il ne pourra tout de même pas gagner l'Euro tout seul.

eba/grd