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22/06/2012 06:07 EDT | Actualisé 22/08/2012 05:12 EDT

Euro-2012 - Grèce: déception dans les rues d'Athènes, mais "bravo Samaras"

Au coup de sifflet final, les spectateurs grecs massés sur la terrasse sous l'Acropole, devant un écran ou était retransmis le quart de finale contre l'Allemagne (2-4) vendredi, se sont éteints d'un coup, la déception se lisant sur les visages après l'élimination de l'Euro-2012.

"Bien sûr je suis déçu" dit Evangelos Makos, 34 ans. "Mais c'était déjà une grande chose d'arriver en quart de finale" se console ce professeur d'allemand qui affichait clairement son choix en arborant le maillot aux couleurs de la Grèce, floqué du numéro 7, celui de Giorgos Samaras, joueur homonyme du nouveau Premier ministre grec nommé tout juste jeudi.

Evangelos ne veut voir aucun lien entre la politique et le sport. "J'ai pris le maillot de Samaras car j'espérais bien qu'il marquerait le premier but, il a une technique excellente."

Et de fait, Samaras a marqué un des deux buts grecs, le premier, celui qui a fait exploser de joie la terrasse et résonner toute la ville de cris et de chants. "Bravo Samaras !"

Au delà de la déception, les spectateurs sont aussi fiers. "Les Allemands ont très bien joué et ils gagneront probablement le championnat" d'Europe prédit Dimitri Angelopoulos, lycéen de 17 ans venu avec une bande d'amis. "Nous étions les outsiders, on a joué comme des héros, on a fait de notre mieux, et nous sommes très reconnaissants de la façon dont la Grèce a joué."

Dans la rue piétonne Thyssio, qui longe l'Acropole, les cafés avaient tous déployé des écrans en plein air sur les terrasses vendredi soir. Une fois la nuit tombée, une brise légère a rafraîchi la lourde torpeur de fin de journée. La rue, où se mêlaient des grappes de touristes, jeunes couples en sortie et supporters enroulés dans des drapeaux grecs, a vibré toute la soirée.

L'esprit sportif a prédominé concernant l'équipe allemande, mais dans ce pays assommé par les mesures d'austérité dictées de Berlin et de Bruxelles, les huées étaient réservées à la chancelière allemande Angela Merkel, à chaque apparition à l'écran. Dans les fauteuils, les spectateurs lançaient la main en avant, signe de malédiction en Grèce, un pays où l'on est volontiers superstitieux.

"Nous crions car Merkel nous a imposé tant de choses" dit Ierasimos Paterakis, l'un des millions de Grecs qui a passé la soirée rivé à un écran pour ce quart de finale inespéré.

A la mi-temps, lorsque le score affiche 1-0 en faveur de l'Allemagne, Dimitri veut y croire encore. "Les Allemands ont marqué un but par hasard, notre défense est très bonne" affirme-t-il.

Après la reprise, Samaras, le numéro 7, égalise. Et les parasols de la terrasse manquent s'envoler sous les hurlements. L'Acropole au loin tremble sur ses fondations, les tables tanguent, les gens sautent sur les chaises, la salle est extatique.

Du coup, les trois Allemands assis dans un coin n'osent même plus se réjouir lorsque l'Allemagne marque son deuxième but. Le silence retombe au troisième but allemand, l'affaire semble mal partie. Et au quatrième, Dimitri reste hébété sur sa chaise, pendant que la supportrice allemande se tourne vers lui en disant gentiment "ce n'est qu'un jeu".

Après la fin du match terminé 4 à 2, Sabrina Treuss, 30 ans, infirmière à Aachen en Allemagne dit avoir trouvé un "peu étrange" d'assister au match dans ces conditions, cernée de supporters Grecs. Mais elle ne regrette pas une minute. "C'est mon premier voyage en Grèce, c'est si beau ici, je veux revenir".

dt-im/nip