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22/06/2012 07:42 EDT | Actualisé 22/08/2012 05:12 EDT

Bolivie: la mutinerie des policiers s'étend à l'ensemble du pays

LA PAZ, Bolivie - La mutinerie lancée par des policiers boliviens qui demandent de meilleurs salaires s'est étendue à l'ensemble du pays vendredi, où environ 4000 policiers occupent désormais leurs casernes.

Des policiers ont saccagé vendredi un bureau de police du centre de La Paz qui traite les plaintes disciplinaires, mais le mouvement semblait généralement pacifique.

La mutinerie a commencé jeudi, quand une trentaine de policiers ont expulsé les commandants et pris le contrôle des casernes d'une unité d'élite situées à une centaine de mètres du palais présidentiel.

D'autres policiers se sont joints au mouvement vendredi dans plusieurs villes, notamment à Santa Cruz, à Cochabamba et à Oruro, selon les médias boliviens et les leaders des mutins.

Les policiers demandent des discussions directes avec le président Evo Morales, qui se trouvait dans le palais présidentiel vendredi, sous la protection de la police militaire armée de fusils d'assaut. Le président est revenu plus tôt que prévu du sommet sur le développement durable au Brésil pour gérer la crise, mais il n'a pas fait de commentaires publics à ce sujet pour l'instant.

Selon l'analyste politique Carlos Cordero, il s'agit du conflit le plus complexe auquel M. Morales doit faire face depuis le début de sa présidence. Si le conflit n'est pas résolu, il pourrait déclencher une crise politique comme par le passé, a-t-il averti.

Une mutinerie semblable survenue en février 2003 s'était soldée par un violent affrontement entre les policiers et la garde présidentielle qui avait fait 19 morts. Huit mois plus tard, le président de l'époque, Gonzalo Sanchez de Lozada, avait démissionné après des manifestations antigouvernementales sanglantes.

Les quelques 28 000 policiers boliviens gagnent environ 194 $ US par mois, soit environ 30 pour cent de moins qu'un sergent des forces armées.

Le ministre de l'Intérieur, Carlos Romero, a déclaré aux journalistes que les autorités voulaient augmenter les salaires des policiers, tout en soulignant que le coût des salaires de la police avaient doublé en six ans pour atteinte un total de 86 millions $US en 2011.

Le président Morales est plus proche de l'armée que de la police, considérée comme l'une des institutions les plus corrompues du pays. La police bolivienne a eu sept commandants différents en six ans.