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22/06/2012 06:08 EDT | Actualisé 22/08/2012 05:12 EDT

Bahreïn: des leaders de l'opposition chiite blessés lors d'une manifestation

MANAMA, Bahreïn - La police antiémeute de Bahreïn a tiré des gaz lacrymogènes, des grenades assourdissantes et des balles en caoutchouc vendredi pour disperser une manifestation dans la capitale, blessant le chef du principal courant politique chiite du pays, a annoncé l'opposition.

Le secrétaire général du parti chiite Al-Wefaq, le cheikh Ali Salman, a déclaré à l'Associated Press qu'il avait été atteint à l'épaule et au dos par une bombe lacrymogène ou une grenade assourdissante lors de la manifestation à Manama après la grande prière du vendredi. Il avait des marques rouges sur sa peau, mais ne semblait pas avoir été grièvement blessé.

Ali Salman a déclaré qu'il était à la tête d'un groupe d'une quarantaine de personnes qui se dirigeaient vers la manifestation quand ils sont arrivés face à des policiers, qui leur ont ordonné de se disperser en commençant à tirer dans la foule.

Un autre chef de l'opposition, Hassan al-Marzooq, a été touché au cou par une balle en caoutchouc, selon un communiqué du parti Al-Wefaq. Il a été transporté dans un hôpital privé de la capitale pour être soigné.

Selon M. Salman, les chefs de l'opposition ont été visés de façon intentionnelle, pour la première fois depuis les manifestations contre la monarchie à Bahreïn.

«Ces nouvelles violations vont compliquer nos efforts vers la réconciliation et un dialogue constructif, a dit M. Salman. Nous maintenons nos demandes démocratiques et nos appels aux principes universels des droits de la personne par le biais de nos rassemblements pacifiques. C'est le droit du peuple.»

Le royaume de Bahreïn est le théâtre de manifestations quasi quotidiennes depuis 16 mois. Les manifestants de la majorité chiite demandent à la monarchie sunnite de leur accorder plus de droits et de libertés politiques.

Les dirigeants du pays bénéficient du soutien crucial de l'Arabie saoudite, mais font l'objet de pressions des États-Unis pour rouvrir le dialogue avec l'opposition. Une nouvelle initiative du gouvernement en ce sens devrait être annoncée bientôt.

Les groupes de l'opposition avaient demandé la permission de manifester vendredi mais ne l'ont pas obtenue. Ils ont tout de même tenté de marcher vers une mosquée chiite historique, déclenchant un affrontement de plusieurs heures avec la police. En plus des leaders politiques blessés, plusieurs personnes ont été incommodées après avoir inhalé des gaz lacrymogènes, selon Al-Wefaq.

Les forces de sécurité avaient fermé les routes menant au lieu de la manifestation. Les manifestants ont réagi en allumant de petits incendies le long de la route.