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21/06/2012 02:51 EDT | Actualisé 21/08/2012 05:12 EDT

Une unité de police spéciale sud-africaine devant la justice

Dix-huit officiers de police sud-africains d'une unité spéciale "anti-criminalité" agissant comme une unité de choc ont été jugés jeudi pour meurtre et possession illégale d'armes à feu.

Le groupe a comparu devant le tribunal de Durban, ville portuaire de l'est de l'Afrique du Sud, après une abondance de plaintes dont 14 pour meurtres, effractions et entraves à la justice.

Le colonel Frans Khola, un des détectives de l'unité d'élite Hawks de la police, a indiqué que des personnes tuées par ce groupe n'étaient même pas suspects dans les crimes sur lesquels ils enquêtaient.

Il a cité le meurtre par balle d'un adolescent de 16 ans quand les policiers ont incendié une maison en poursuivant un suspect.

Au total, 20 officiers ont été arrêtés à Durban et autour de Johannesburg et Pretoria lors du coup de filet effectué mercredi par une équipe de plus de 60 détectives.

Dans deux des cas, les charges ont été abandonnées, a indiqué le porte-parole du procureur Mthunzi Mhaga.

"Il n'y avait pas de charges contre eux. Mais les enquêtes se poursuivent et tout peut encore changer", a daclaré M. Mhaga à l'AFP.

Le groupe doit être présenté à nouveau à la cour vendredi pour le paiement des cautions, a ajouté M. Mhaga.

"Il s'agit de la première partie de l'enquête. Nous nous attendons à de nouvelles arrestations dans de prochaines étapes", a indiqué un communiqué de la police.

L'unité contre le crime de Durban a été découverte à la suite d'une enquête du journal dominicial Sunday Times rapportant les assassinats et produisant une photo des officiers brandissant leurs armes et se réjouissant d'avoir tué cinq voleurs présumés.

L'unité, qui a été dissoute, a été associée à 51 morts suspectes.

Amnesty International a estimé que l'arrestation de policiers "supposés liés à de nombreux crimes et actes de tortures est une amorce de justice parmi les graves violations des droits de l'homme dans ce pays".

La police sud-africaine à l'époque de l'apartheid était connue pour sa brutalité dans sa volonté de protéger le pouvoir de la minorité blanche qui a cessé il y a 18 ans.

Elle se bat à présent contre un taux de criminalité qui fait de l'Afrique du Sud l'un des pays les plus dangereux au monde, en dehors des pays en guerre, avec au moins 16.000 meurtres par an.

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