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21/06/2012 12:43 EDT | Actualisé 21/08/2012 05:12 EDT

Syrie: la Croix-Rouge tente d'évacuer les civils assiégés à Homs

BEYROUTH - Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a annoncé jeudi que ses équipes allaient tenter d'évacuer des civils de la ville de Homs, bastion des rebelles assiégé par les forces syriennes depuis plusieurs jours.

La porte-parole du CICR, Rabab el-Rifai, a précisé que de l'aide humanitaire et des trousses médicales seraient distribués dans les quartiers de Homs qui ont subi des bombardements et des affrontements au cours des dix derniers jours.

D'après des militants, les bombardements se sont poursuivis jeudi dans cette ville, faisant au moins deux nouvelles victimes.

Le directeur des opérations d'urgence du Croissant-Rouge arabe syrien, Khaled Erksoussi, a indiqué que les autorités syriennes avaient autorisé l'opération d'évacuation des civils.

Mais un autre porte-parole du CICR, Hicham Hassan, a déclaré qu'une équipe avait tenté d'entrer dans la ville jeudi, mais avait été forcée de rebrousser chemin «à cause des tirs». Il a indiqué que l'équipe ferait une nouvelle tentative, à un moment qui n'a pas été précisé.

«Des centaines de civils sont bloqués dans la vieille ville de Homs, dans l'incapacité de partir ou de trouver refuge dans des lieux plus sûrs, à cause des confrontations armées incessantes», a expliqué Béatrice Megevand-Roggo, chef des opérations du CICR dans la région.

Parmi les centaines de civils assiégés, 90 pour cent sont des chrétiens retranchés dans les quartiers de Hamidiyeh et de Bustan Diwan, notamment quatre enfants âgés de moins de dix ans.

Les trois précédentes tentatives d'évacuation de ces quartiers ont échoué ces dix derniers jours. Un prêtre de la ville a affirmé que les rebelles voulaient garder les civils à Homs pour pouvoir négocier avec le régime de Bachar el-Assad.

Des milliers de civils ont déjà quitté Hamidiyeh et Bustan Diwan depuis que les rebelles ont pris le contrôle de la ville en février.

Par ailleurs, un pilote de l'armée de l'air syrienne a fait défection jeudi en Jordanie, où il a obtenu l'asile politique. Le pilote a déserté pour la Jordanie alors qu'il effectuait une mission d'entraînement, a annoncé le ministre jordanien de l'Information, Sameeh Maaytah.

Dans un premier temps, les autorités jordaniennes avaient déclaré que l'avion du pilote, un MiG-21, avait effectué un atterrissage d'urgence sur la base aérienne de Mafraq, dans le nord de la Jordanie, avant de confirmer qu'il s'agissait d'une désertion.

Un responsable de la sécurité jordanienne a fait savoir que le pilote serait autorisé à rester dans le pays pour «des motifs humanitaires».

«On lui a accordé l'asile parce que s'il rentre chez lui, sa sécurité ne sera pas garantie. Il pourrait être torturé ou tué», a affirmé ce responsable. Il n'a pas précisé ce que la Jordanie ferait avec l'avion de chasse.

Un porte-parole de l'Armée syrienne libre, Ahmad Kassem, a affirmé que son organisation avait encouragé le pilote, présenté comme étant le colonel Hassan Hammadeh, à faire défection.

Neuf personnes ont par ailleurs été tuées jeudi dans les bombardements de l'armée sur la ville d'Inkhil, dans le sud du pays, ont annoncé les Comités locaux de coordination et l'Observatoire syrien des droits de l'homme, deux organisations de l'opposition syrienne.

Les militants ont affirmé que des dizaines de personnes avaient été tuées ailleurs dans le pays jeudi, dont des soldats, mais ils n'étaient pas en mesure de donner un bilan précis.