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21/06/2012 07:15 EDT | Actualisé 21/08/2012 05:12 EDT

Les conservateurs n'ont pu éviter la reprise de l'enquête sur les F-35

OTTAWA - La tentative du gouvernement Harper de mettre fin aux travaux du comité parlementaire d'enquête portant sur le processus d'acquisition des chasseurs F-35 a avorté en raison de l'obstruction systématique de l'opposition.

Alors que la Chambre des communes ajournait, jeudi, la session pour la période estivale, les néo-démocrates sont parvenus à reporter la rédaction et le dépôt du rapport final du comité mis sur pied en réaction aux critiques formulées en avril par le vérificateur général, Michael Ferguson. Ce dernier avait accusé les responsables de la Défense nationale d'avoir dissimulé le véritable coût du F-35, et le ministère des Travaux publics de ne pas avoir suivi les procédures de ce projet évalué à plusieurs milliards.

Les conservateurs avaient alors dévoilé un plan en sept points pour répondre aux critiques et avaient promis que le programme d'acquisition des F-35 serait repris depuis le début, en fonction de scénarios et d'évaluations vérifiés de manière indépendante.

Le dossier a été reporté à l'automne. Les membres de l'opposition tenteront alors de faire appeler plus de témoins devant le comité des comptes publics.

La motion des conservateurs visant de mettre un terme aux audiences publiques et demander au comité de conclure son enquête, a été bloquée par le député néo-démocrate ontarien Malcolm Allen ainsi que par d'autres députés de l'opposition.

Le comité a eu une dernière rencontre, jeudi, avant les vacances d'été, mais le dossier a été de nouveau reporté.

Selon le député Allen, le gouvernement était déterminé à faire oublier le blâme du vérificateur général Michael Ferguson qui avait remis en cause la gestion des fonds publics par les conservateurs. «Ils voulaient vraiment que l'enquête se termine avec la fin de la session pour qu'à l'automne tout cela soit derrière eux.»

Le vérificateur général avait accusé le gouvernement d'avoir camouflé le prix réel des F-35 en omettant de comptabiliser les frais d’exploitation des appareils qui représentent 10 milliards pour les dix prochaines années.

Le rapport critiquait également Travaux publics Canada de ne pas avoir suivi les procédures en n'exigeant pas d'explications rigoureuses de la part de la Défense nationale pour justifier le choix de la compagnie Lockheed Martin pour l'achat des chasseurs.

Le gouvernement Harper avait alors réagi en retirant le dossier des mains de la Défense nationale pour le confier à un secrétariat relevant de Travaux publics Canada. Le gouvernement avait alors promis de rendre publics les coûts réguliers estimés des avions, un processus qui est toujours en cour alors que se poursuit la vérification indépendante

Le 12 juin, la ministre fédérale des Travaux publics, Rona Ambrose, avait répondu aux questions de l'opposition en affirmant que la plus récente évaluation du coût d'acquisition des chasseurs F-35 serait dévoilée une fois la vérification indépendante complétée, ce qui ne sera pas avant l'automne.