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21/06/2012 08:08 EDT | Actualisé 21/08/2012 05:12 EDT

Deux otages sud-africains libérés lors d'un raid en Somalie

Un couple d'otages sud-africains, enlevé fin 2010 par des pirates somaliens sur un voilier dans l'océan Indien, a été libéré jeudi lors d'une intervention des forces de sécurité somaliennes.

"Les forces de sécurité, en coopération avec l'armée, ont secouru les deux sud-africains enlevés (...) il y a dix-huit mois," a affirmé le ministre somalien de la Défense, Hussein Arab Isse, lors d'une conférence de presse organisée en présence des ex-otages aux traits tirés.

"L'opération a commencé la nuit dernière et a duré jusque tôt ce matin", a-t-il dit, précisant qu'ils avaient été libérés des mains des insurgés islamistes shebab, récemment intégrés à Al-Qaïda.

Les circonstances dans lesquelles les otages seraient passées des mains des pirates à celles de shebab n'étaient pas claires. Mais "les seules zones où les ravisseurs peuvent garder des otages sont celles sous contrôle shebab", a expliqué à l'AFP un ancien pirate.

"Il y a un accord informel" entre pirates et shebab, a affirmé un autre ex-pirate.

L'Afrique du Sud a immédiatement remercié le gouvernement somalien, mais aussi l'Italie, pour "son rôle dans la libération du couple". Pretoria n'a pas donné plus de détails sur le déroulement de l'opération.

Dora Hunt, la plus jeune soeur de l'un des otages, Bruno Pelizzari, a de son côté affirmé dans une interview à la chaîne eNews TV qu'une rançon avait été payée.

"Oui, nous avons payé quelque chose pour leur libération," a-t-elle déclaré. "Ils ont pris un coup de vieux, mais nous sommes si reconnaissants qu'ils soient de retour et en bonne santé," a-t-elle ajouté.

Les ex-otages, M. Pelizzari et son amie Deborah Calitz, étaient en route pour l'Afrique du Sud après une croisière à Madagascar et en Tanzanie, quand ils ont été enlevés par des pirates.

Leur skipper avait refusé de quitter le bateau pris par les pirates quand il a accosté en Somalie et il avait pu être sauvé par la mission navale européenne dans la région.

Jeudi, le ministre somalien n'a pas précisé où avait eu lieu la libération des otages. Mais des sources s'exprimant sous couvert d'anonymat ont indiqué qu'elle s'était déroulée dans la région du Bas-Shabelle, qui jouxte la capitale Mogadiscio.

"Nous savons où se trouvent les autres otages (en Somalie), dont l'agent français, et si les ravisseurs ne les libèrent pas, nous les secourrons par la force," a poursuivi Hussein Arab Isse.

Le Français en question est un agent de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE, services secrets), présenté sous le nom de Denis Allex, certainement un pseudonyme. Il avait été enlevé par un groupe islamiste le 14 juillet 2009 à Mogadiscio, en même temps qu'un autre membre des services de renseignement français qui avait réussi à retrouver la liberté fin août 2009.

Plusieurs otages occidentaux sont encore retenus en otage en Somalie.

Parmi eux figurent deux Espagnoles, employées de Médecins sans frontières, enlevées dans les camps de réfugiés somaliens au Kenya avant d'être emmenées en Somalie voisine fin 2011. Un journaliste américain a aussi été enlevé en janvier à Galkayo, dans le centre de la Somalie.

D'autres ont en revanche pu être libérés.

La britannique Judith Tebbutt, otage en Somalie depuis son enlèvement début septembre 2011 dans un village de vacances au Kenya, a été libérée en mars, grâce, a-t-elle dit à l'époque, à son fils.

Deux mois plus tôt, des forces spéciales américaines avaient libéré deux travailleurs humanitaires, un Danois et une Américaine retenus depuis trois mois dans le pays.

En novembre 2010, des pirates somaliens avaient aussi libéré un couple de retraités britanniques, Paul et Rachel Chandler, enlevés plus d'un an auparavant au large des Seychelles à bord de leur voilier.

La Française Marie Dedieu, qui avait elle aussi été enlevée dans le nord de la côte kényane fin 2011 avant d'être conduite en Somalie, est en revanche décédée en captivité.

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