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20/06/2012 11:49 EDT | Actualisé 20/08/2012 05:12 EDT

USA: la Fed prête à confirmer son soutien à la reprise, pourrait décevoir

La banque centrale des Etats-Unis (Fed) devait confirmer mercredi le concours énorme qu'elle apporte à l'économie américaine mais pourrait bien décevoir les espoirs de ceux qui souhaitent la voir prendre de nouvelles mesures de soutien à la reprise.

Le Comité de politique monétaire de la Fed (FOMC) achevait dans la matinée à Washington sa réunion ordinaire entamée la veille au siège de la Réserve fédérale.

Il devait publier vers 12h30 (16h30 GMT) le communiqué final rendant compte de ses décisions.

A l'heure où l'économie américaine progresse en mode ralenti et apparaît exposée à d'éventuels contre-coups en provenance d'Europe, le maintien du taux directeur de la Réserve fédérale dans la fourchette de fluctuation de 0 à 0,25% qui lui est assignée depuis trois ans et demi ne fait aucun doute.

Pour le reste les pronostics sont partagés.

Lors de sa dernière intervention publique, le 7 juin devant des élus du Congrès, le président de la Fed, Ben Bernanke, n'a laissé entrevoir aucune modification de la politique monétaire aux Etats-Unis, mais les marchés semblent espérer un assouplissement.

Dans le cas où la Fed déciderait effectivement d'en faire plus pour l'économie, les analystes estiment majoritairement que son action la plus probable consisterait à allonger de quelque mois son "opération Twist" lancée en octobre pour faire baisser les taux d'intérêts à long terme et prévue pour s'achever le 30 juin.

Etant donné les opinions diverses qui s'expriment au sein du FOMC la prolongation de ce programme, par lequel la Fed vend et achète des obligations du Trésor américain sur les marchés afin d'augmenter la maturité moyenne de son portefeuille d'emprunts d'Etat, n'a rien d'assuré.

Qu'elle décide ou non d'une telle prolongation, la Fed devrait annoncer son intention de soutenir massivement, et encore longtemps, l'économie, notamment en maintenant à l'étale le montant des liquidités (2.300 milliards de dollars depuis fin 2008) qu'elle injecte dans le circuit financier.

M. Bernanke devrait s'efforcer d'expliquer les décisions du FOMC et la vision que ses membres ont de la trajectoire prise par l'économie américaine lors d'une conférence de presse devant commencer à 14h15 (18h15 GMT), un quart d'heure après la publication des dernières prévisions économiques des dirigeants de la Fed.

Vers 15h00 GMT, les principales Bourses occidentales semblaient comme suspendues aux résultats de la réunion de la Fed, dont le communiqué final devait tomber après la clôture de la place parisienne.

"Nous ne serions pas surpris de voir une prolongation de l'opération Twist", indique Ian Shepherdson, économiste du cabinet HFE, "mais dans la mesure où les investisseurs attendent quelque chose de plus spectaculaire, la déception risque d'être à l'ordre du jour".

Pour Marion Laboure, de Barclays Capital, la détérioration de la conjoncture devrait "pousser la Fed" à prolonger l'opération Twist "de quelques mois afin de se donner plus de temps pour déterminer si le ralentissement récent des embauches s'avère temporaire ou persistant".

George Goncalves, de la maison de courtage Nomura, pense qu'il y aurait pour la Fed "plus d'inconvénients que d'avantages à prolonger l'opération Twist". Il juge plus probable que le FOMC laisse le programme expirer comme prévu et ouvre la voie plus tard à de nouveaux rachats de titres sur les marchés financiers, "si nécessaire".

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