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20/06/2012 03:16 EDT | Actualisé 20/08/2012 05:12 EDT

Un journaliste burundais condamné à perpétuité pour "terrorisme"

Un journaliste burundais, Hassan Ruvakuki, ainsi que 13 de ses co-accusés, ont été condamnés à la prison à perpétuité mercredi par le tribunal de Cankuzo (est du Burundi), pour "actes de terrorisme" à la suite d'une attaque perpétrée en novembre dernier.

"Le journaliste Hassan Ruvakuki et trois de ses co-détenus poursuivis pour avoir lancé les opérations d'une nouvelle rébellion en novembre 2011, ainsi que dix combattants de ce mouvement, viennent d'être condamnés par le tribunal de Cankuzo à la prison à perpétuité", a annoncé à l'AFP une source judiciaire à Cankuzo, sous couvert d'anonymat.

"Neuf autres personnes qui étaient poursuivis pour complicité de ce mouvement ont écopé d'une peine de 15 ans de prison chacun", a-t-elle poursuivi.

Cette information a été confirmée à l'AFP par Alexandre Niyungeko, le président de l'Union burundaise des journalistes (UBJ), qui s'est dit "consterné par une décision qui bafoue les droits de la presse au Burundi".

Les 23 prévenus sont accusés d'être impliqués dans une attaque lancée à partir de la Tanzanie et qui avait fait plusieurs dizaines de morts le 21 novembre dernier à Cankuzo.

"Ils sont poursuivis pour un crime très grave, une attaque qui visait à perturber la sécurité du pays", avait déclaré le procureur Barbatus Ntakarusho le 8 mai, à l'issue de leur procès qui avait requis la prison à perpétuité pour chacun des accusés.

Correspondant de Radio France Internationale en swahili et également employé de la radio privée Bonesha FM, Hassan Ruvakuki est accusé d'avoir, avec trois autres personnes, organisé l'attaque et d'en avoir ensuite assuré la publicité.

"C'est une honte de voir un journaliste condamné pour avoir fait son travail, c'est-à-dire pour avoir cherché l'info là où elle se trouvait", a réagi le directeur de Bonesha FM, Patrick Nduwimana.

"Nous sommes extrêmement choqués par ce verdict (...) qui est aussi inique que déshonorant non seulement pour la justice de ce pays que pour le pays tout entier", ont déclaré Reporters sans frontière et RFI, dans un communiqué conjoint rendu public à Bujumbura.

La multiplication des violences au Burundi fin 2011 avait fait craindre à de nombreux observateurs une reprise des hostilités à plus grande échelle. Entre 1993 et 2006, le pays a été marqué par une guerre civile qui a fait près de 300.000 morts.

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