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20/06/2012 09:28 EDT | Actualisé 20/08/2012 05:12 EDT

Couche-Tard met finalement la main sur plus de 90 pour cent des actions de SFR

MONTRÉAL - Le détaillant Alimentation Couche-Tard (TSX:ATD.B) a tenu son bout et a fini par obtenir ce qu'il voulait: mettre la main sur le norvégien Statoil Fuel & Retail (SFR) sans faire la moindre concession.

Dans un communiqué publié mercredi, l'entreprise lavalloise a indiqué que 90,9 pour cent des actions de SFR ont été déposées en réponse à son offre d'achat de 2,7 milliards $, dévoilée en avril.

Le grand patron de Couche-Tard, Alain Bouchard, s'est dit heureux d'accueillir Statoil Fuel & Retail au sein de son entreprise.

«Compte tenu de l'engagement stratégique de Couche-Tard de prendre de l'expansion en Europe, de sa forte culture de service à la clientèle, de son modèle d'exploitation décentralisé et de sa feuille de route en matière de réinvestissements dans ses divisions, j'ai confiance dans la poursuite de notre succès», a quant à lui affirmé le pdg de SFR, Jacob Schram, en soulignant que le siège social de l'entreprise allait devenir la base européenne de Couche-Tard.

Le vent a donc fini par tourner en faveur de Couche-Tard. À la première date-butoir, le 22 mai, à peine 66,7 pour cent des actions de SFR avaient été déposées, ce qui avait vivement déçu le détaillant québécois. Au moins un analyste scandinave avait alors prédit que Couche-Tard allait devoir hausser son offre. Il n'en fut rien, M. Bouchard refusant de déroger de son plan.

Une semaine plus tard, n'ayant pas réussi à accroître significativement le niveau d'appui à son offre, le dirigeant est allé jusqu'à menacer d'annuler le projet d'acquisition.

Ironiquement, c'est après la décision de Couche-Tard d'abandonner l'une des conditions clés de son offre _ le dépôt de 90 pour cent des actions de SFR _ que les appuis se sont raffermis.

Évincement des récalcitrants

L'analyste Keith Howlett, de Valeurs mobilières Desjardins, a relevé mercredi dans une note que l'atteinte du seuil de 90 pour cent allait permettre à Couche-Tard d'«évincer» les actionnaires minoritaires par le biais d'une acquisition forcée. Ces actionnaires n'auront d'autre choix que de se départir de leurs titres de SFR au prix consenti par Couche-Tard depuis le début, soit 51,20 couronnes norvégiennes par action.

Couche-Tard a indiqué mardi que la procédure d'acquisition forcée serait lancée «dès que possible» et au plus tard le 24 juillet.

SFR exploite quelque 2300 stations-service en Scandinavie et en Europe de l'Est. Jusqu'à tout récemment, le détaillant était contrôlé par son ancienne société mère, le géant pétrolier étatique norvégien Statoil.

«La conclusion positive de cette transaction renforce la réputation d'acquéreur rusé et discipliné que s'est forgée Couche-Tard», a commenté M. Howlett.

L'analyste calcule que SFR ajoutera 85 cents US au bénéfice par action annuel de Couche-Tard.

Pleinement conscients de ce fait, les investisseurs ont de nouveau fait la fête à l'action de Couche-Tard mercredi, celle-ci atteignant un nouveau sommet historique de 45,44 $, à la Bourse de Toronto.

En début d'après-midi, le titre avait légèrement reculé pour s'échanger à 45,23 $, tout de même en hausse de 5,2 pour cent par rapport au cours de clôture de la veille, à la Bourse de Toronto.