NOUVELLES
18/06/2012 05:58 EDT | Actualisé 18/08/2012 05:12 EDT

Un rajeunissement de la dynastie saoudienne inévitable

Le prince Salmane ben Abdel Aziz, 76 ans, a été nommé lundi héritier du trône en Arabie saoudite, assurant la continuité du pouvoir, mais la dynastie vieillissante des Al-Saoud doit envisager le passage à la nouvelle génération, estiment des analystes.

Le roi Abdallah, âgé de 88 ans et ayant souffert de problèmes de santé, a perdu en l'espace de huit mois deux ses frères qui avaient le titre de prince héritier: Nayef, décédé samedi en Suisse à l'âge de 79 ans, et Sultan, un octogénaire qui s'était éteint en octobre à New York.

Conformément aux règles de succession en vigueur dans le royaume, première puissance pétrolière mondiale, le pouvoir se transmet d'un frère à l'autre, en respectant le droit d'aînesse, parmi les fils du roi Abdel Aziz (Ibn Séoud), fondateur du royaume.

Le prince Salmane, choisi par le roi Abdallah, "est considéré comme un arbitre respecté des disputes au sein de la famille royale", affirme Eleanor Gillespie, de la lettre confidentielle Gulf States Newsletter basée à Londres.

Selon l'analyste saoudien Jamal Khashoggi, il ne devrait donc "pas y avoir d'opposition à (sa) nomination" au sein de la famille royale.

"Il n'y a pas de luttes d'influence au sein de la famille royale, qui maintient sa cohésion et dont les membres sont également soudés par des liens de mariage", explique-t-il.

Pour institutionnaliser le processus de transition, le roi Abdallah a établi en 2006 le "Conseil d'allégeance", constitué de 35 princes et présidé par le doyen des Al-Saoud, le prince Mechaal ben Abdel Aziz, demi-frère du roi.

Cette instance doit en principe commencer à exercer ses prérogatives à la mort du roi. Lors du décès du prince Sultan, le roi Abdallah s'était borné à l'informer de sa décision de nommer le prince Nayef.

Cette fois aussi, le décret royal portant la nomination indique simplement que le roi Abdallah a fait son choix après avoir pris consulté le règlement intérieur de cette institution.

Mais Mme Gillespie souligne que le décès du deuxième prince héritier en huit mois "illustre les faiblesses de ce système gérontocratique".

"Le plus important est maintenant le passage à la prochaine génération de dirigeants, et il y a un groupe de candidats plus jeunes qui commencent à s'imposer", souligne cette analyste dont la lettre vient de publier une liste des principales figures de cette nouvelle génération.

Jusqu'à présent, cinq des fils du roi Abdel Aziz se sont déjà succédé à la tête du pays depuis sa mort en 1953. Et 18 des fils du roi sont toujours en vie, selon des spécialistes, mais peu d'entre eux sont considérés comme d'éventuels futurs rois.

Outre le prince Salmane, les plus en vue sont les princes Ahmad, vice-ministre de l'Intérieur, Megren, chef des renseignements, et Sattam, gouverneur de Ryad.

Le passage à la génération des petits-fils du roi Abdel Aziz pourrait cependant exacerber les rivalités, car il faudrait choisir la lignée privilégiée parmi les fils du roi Abdel Aziz: ceux des défunts rois, comme Fayçal ou Fahd par exemple, ou du souverain actuel, selon les analystes.

"Un autre problème est que certains des petits-fils sont plus âgés que les fils du roi Abel Aziz", relève M. Khashoggi. Ainsi le gouverneur de La Mecque, le prince Khaled, fils du défunt roi Fayçal, est plus vieux que les princes Ahmad et Megren.

Et Mme Gillespie prévient: "Il n'est pas acquis que les dirigeants de la génération des petits-fils soient plus ouverts à la réforme que la génération précédente".

aa-at/cco